Un ministre délégué italien veut 2 ans de délai sur les déficits

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MILAN (Reuters) - L'Italie doit s'efforcer d'obtenir deux ans de plus pour atteindre ses objectifs de déficits, a déclaré son nouveau ministre délégué à l'Economie Stefano Fassina dans un entretien publié dimanche.

"Je considère cela comme absolument nécessaire", a dit Stefano Fassina, membre du Parti démocrate (centre-gauche) et considéré comme l'un des principaux pourfendeurs des plans d'austérité, au quotidien La Repubblica.

"Si plusieurs pays, pas seulement l'Espagne et la France, mais aussi le Portugal, la Grèce, l'Irlande, les Pays-Bas et la Slovénie, ont déjà obtenu plus de temps pour atteindre l'objectif de déficit de 3% (du produit intérieur brut), pourquoi pas l'Italie ?", a-t-il ajouté.

Le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, Olli Rehn, a déclaré vendredi que la Commission était prête à accorder deux ans de plus à la France pour ramener le déficit de ses finances publiques sous 3%.

Le nouveau ministre italien de l'Economie, Fabrizio Saccomanni, issu de la Banque d'Italie et réputé proche du président de la Banque centrale européenne (BCE), Mario Draghi, a exclu jeudi toute demande d'assouplissement des contraintes imposées à l'Italie en matière de déficits.

Le gouvernement formé il y a huit jours par le président du Conseil Enrico Letta a réaffirmé l'engagement d'un déficit ramené à 2,9% du PIB cette année. Mais Rome espère voir Bruxelles clore avant la fin du mois la procédure de déficit excessif ouverte à son encontre après un dépassement répété du plafond des 3%.

Pour Stefano Fassina, toutes les conditions sont réunies pour que la Commission européenne puisse mettre fin à cette procédure le 29 mai. Mais il ajoute que le gouvernement devra ensuite évaluer la faisabilité des objectifs fixés par le précédent gouvernement.

À ses yeux, le gouvernement de coalition d'Enrico Letta a "plus de force" pour négocier un allègement des contraintes en matière de déficits car il peut compter sur le soutien de partis d'opposition.

"L'Italie peut aller à Bruxelles avec un soutien parlementaire très large", a-t-il dit.

"L'austérité a échoué, il est temps désormais de se concentrer sur la croissance et de marcher tous ensemble dans la même direction."

Plusieurs personnalités de premier plan de la coalition gouvernementale, parmi lesquels l'ex-président du Conseil Silvio Berlusconi, ont déclaré ces derniers jours qu'Enrico Letta devrait revoir à la hausse les objectifs de déficits.

Silvia Aloisi, Marc Angrand pour le service français

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