Un ministre de Cameron nie être sous l'influence de tabloïds

le
0
    par Estelle Shirbon 
    LONDRES, 13 avril (Reuters) - John Whittingdale, ministre 
britannique de la Culture, s'en défend, mais l'opposition le 
soupçonne d'avoir fait preuve de laxisme en matière de 
régulation des médias parce qu'il redoutait les possibles 
révélations à son sujet de la presse tabloïd. 
    Ses détracteurs ne lui reprochent pas sa vie privée mais 
estiment qu'il savait que des journaux parmi lesquels le Sun et 
le Mail on Sunday étaient au courant de sa liaison avec une 
prostituée et qu'il a agi en conséquence. 
    "Il semble que les médias tenaient délibérément une épée de 
Damoclès au-dessus de John Whittingdale", a dénoncé le député 
travailliste Chris Bryant. "Il a parfaitement le droit d'avoir 
une vie privée, mais dès qu'il a appris cela, il aurait dû se 
mettre à l'écart de toute régulation de la presse", a-t-il 
ajouté. 
    John Whittingdale a déclaré que cette relation remontait à 
2013-2014, avant sa nomination au poste ministériel qu'il occupe 
dans le gouvernement de David Cameron. Il a ajouté avoir fait 
connaissance de cette femme via un site de rencontres et dit 
avoir ignoré qu'elle était une professionnelle du sexe. 
Lorsqu'il l'a découvert, il a rompu avec elle. 
    "Cela n'a jamais eu d'influence sur les décisions que j'ai 
prises en tant que ministre de la Culture", poursuit-il dans un 
communiqué. 
    Cette nouvelle affaire intervient à un moment difficile pour 
le gouvernement britannique et pour David Cameron, fragilisé par 
l'évocation de son nom dans l'affaire des "Panama papers" alors 
qu'il mène campagne pour le maintien du Royaume-Uni au sein de 
l'UE en vue du référendum du 23 juin. 
    "John Whittingdale est célibataire et a droit à une vie 
privée. Le Premier ministre lui fait pleinement confiance", ont 
réagi ses services. 
    Mais la réglementation des médias est un sujet hautement 
sensible en Grande-Bretagne où le scandale des écoutes 
téléphoniques illégales menées par des journalistes de la presse 
tabloïd a révélé en 2011 l'étroitesse des liens existants entre 
des responsables politiques, de la police et des médias. 
    Du côté des journaux, on nie toute forme de chantage, même 
induit. Si l'affaire n'est pas sortie, c'est qu'elle ne 
présentait aucun intérêt. "Il est apparu qu'il n'y avait 
absolument aucun conflit d'intérêt dans cette affaire. John 
Whittingdale n'était pas au gouvernement au moment de cette 
liaison, et aucune règle morale n'a été enfreinte", a déclaré 
Tom Newton Dunn, rédacteur en chef du service politique du Sun, 
sur l'antenne de Sky News. 
    Mais pour Hacked Off, un groupe menant campagne contre ce 
qu'il qualifie d'intrusion médiatique, l'opinion ne peut plus 
accorder de crédit à la faculté de jugement ou à l'indépendance 
du ministre.  
    Quant aux explications des journaux, elles sont "absurdes", 
affirme son fondateur, Brian Cathcart. La décision de ne pas 
publier ces révélations est "totalement étrangère aux habitudes" 
de la presse tabloïd britannique, qui devait donc avoir un 
intérêt particulier à ne pas le faire. 
 
 (Henri-Pierre André pour le service français) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant