Un millier de manifestants en soutien au bijoutier de Nice

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MANIFESTATION DE SOUTIEN AU BIJOUTIER DE NICE
MANIFESTATION DE SOUTIEN AU BIJOUTIER DE NICE

NICE (Reuters) - Un rassemblement de soutien au bijoutier de Nice qui a été mis en examen pour homicide volontaire après avoir abattu un de ses agresseurs a réuni lundi à Nice un millier de personnes - 800 selon la police et 1.000 personnes selon les organisateurs.

Philippe Soussi, l'avocat de la famille de la victime, un jeune homme de 19 ans abattu d'une balle dans le dos lors de sa fuite après le vol, a dénoncé un climat de "folie" et la pression "intolérable" de l'opinion publique dans ce dossier.

À Nice, une banderole blanche avec le message "Non à la prison, oui à la légitime défense" donnait le ton de ce rassemblement statique sur la place Masséna auquel ont participé des commerçants, des particuliers, souvent retraités, des élus de droite et d'extrême droite ainsi que des identitaires du groupe Nissa Rebela, sur fond de début de campagne municipale.

Dans la foule, le thème de l'insécurité était omniprésent après ce fait divers survenu mercredi matin.

"C'est un ras-le-bol général qui dépasse cette affaire. Ce qui est arrivé à ce commerçant peut arriver à tout le monde", a expliqué Denis, 62 ans, ancien agent de service.

Beaucoup ont affirmé avoir eux même été victimes d'agressions et ont assuré comprendre le geste du bijoutier.

La mort d'Anthony n'a en revanche pas ou très peu été évoquée lors de ce rassemblement.

"Il savait qu'il prenait des risques, tant pis pour lui", a dit un manifestant pour qui la thèse de la légitime défense défendue par le bijoutier, pourtant peu évidente à ce stade des investigations, ne fait aucun doute.

L'avocat de la famille, qui s'est portée partie civile ce lundi, s'est ému des proportions que prenait ce fait divers, plus de 1,5 million de personnes ayant apporté sur Facebook leur soutien au bijoutier, Stephan Turk.

VERS UN DÉPAYSEMENT DU DOSSIER ?

"Le climat est effrayant dans cette affaire. L'opinion publique a pris le pouvoir. La justice c'est pas Facebook et Twitter", a-t-il déclaré en regrettant la décision d'assigner le bijoutier à résidence au lieu de le maintenir en détention.

"On vit un moment de folie sur les réseaux sociaux. On parle d'autodéfense et de vengeance. C'est le défouloir de passions totalement invraisemblables. Ces événements dépassent tout le monde et en particulier la justice", a-t-il ajouté en évoquant un possible dépaysement du dossier.

La politique de sécurité du gouvernement et la future réforme pénale de la ministre de la Justice, Christiane Taubira, a été ouvertement ciblée lors de la manifestation de Nice, certains scandant "Taubira démission, Taubira en prison".

Interrogé sur ce sujet lors d'une interview sur TF1, le président de l'UMP Jean-François Copé a fait part de sa compréhension pour la réaction du bijoutier et a appelé François Hollande a retirer la réforme pénale.

"Je demande ce soir et je le dis très formellement le retrait de la loi Taubira", a-t-il dit.

"C'est irresponsable dans le climat de violence que connaît notre pays, que de voir un président de la République dont la seule réponse face à la multiplication de la violence, c'est une loi, qui en clair renonce à toute responsabilité et à toute idée de détention", a-t-il expliqué.

Le député-maire de Nice UMP, Christian Estrosi, a lui aussi dénoncé le texte en préparation.

"Nous avons une forte incitation du gouvernement à la violence et à la délinquance. (...) La peine de probation c'est du bricolage ou du jardinage", a-t-il dit à la presse.

Le ministre de l'Intérieur Manuel Valls et la ministre de l'Artisanat, du Commerce et du Tourisme Sylvia Pinel ont fait savoir qu'ils se rendraient mardi à Nice pour présider une réunion de travail avec les commerçants de la ville.

Yann Turk, le fils du bijoutier, était présent dans la foule. Il a reçu de nombreux témoignages de soutien.

"Je n'aurais pas imaginé qu'il y aurait autant de monde. Ça me touche profondément", a-t-il dit.

À l'issue du rassemblement, Jan Arin, président de la chambre syndicale des bijoutiers-joailliers de la Côte-d'Azur, organisateur de ce rassemblement, a dénoncé "la récupération des politiques qui ont profité de l'occasion".

Tenant des propos plus modérés que la plupart des participants ce lundi, il a justifié la tenue de ce rassemblement pour "soutenir un confrère qui s'est fait attaquer comme 400 autres cette année" tout en assurant qu'il "déplorait la mort du jeune homme".

Matthias Galante, avec Marion Douet, édité par Yves Clarisse et Jean-Stéphane Brosse

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  • pichou59 le lundi 16 sept 2013 à 23:07

    soutient

  • pilou424 le lundi 16 sept 2013 à 19:13

    800 /1000 pour une fois ils sont d' accord