Un milliard de décollecte pour Carmignac Patrimoine au troisième trimestre

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(NEWSManagers.com) - Retour de manivelle. Exposée aux marchés émergents, Carmignac Gestion a payé les mauvaises performances de ces zones d'investissement, liées notamment à l'annonce, au printemps, de la réduction du soutien monétaire de la Fed. De fait, au cours du troisième trimestre, la société de gestion a subi une décollecte de 1,2 milliard d'euros sur ses fonds diversifiés, Carmignac Patrimoine, Carmignac Emerging Patrimoine et Carmignac Euro Patrimoine. Le premier - le fonds vedette de la gamme - a subi des rachats nets de 1 milliard et le deuxième de 230 millions d'euros. De fait, l'encours global de la société à fin septembre se situe à 54 milliards d'euros, " en baisse de 2,2 % depuis juin, et de 4 % pour les fonds diversifiés" précise-t-on chez Carmignac. " Nous avons néanmoins des motifs de satisfaction" , a indiqué Didier Saint-Georges, membre du comité d'investissement en précisant que le fonds Carmignac Capital Plus avait enregistré des souscriptions nettes sur le troisième trimestre de 120 millions d'euros, et disposait désormais d'un track record de trois ans en phase avec les attentes de la maison. En outre, Carmignac Investissement a collecté 200 millions . " Tous comptes faits, Carmignac Gestion reste collecteur net de 380 millions d'euros sur l'année" , a insisté Didier Saint-Georges.

Echaudée par les difficultés des marchés émergents, mais sans remettre en cause leurs qualités, l'équipe de gestion a revu temporairement sa stratégie. " Nous avons une approche lucide" , a indiqué Frédéric Leroux, gérant global, au cours de sa conférence trimestrielle sur la stratégie d'investissement de Carmignac Gestion jeudi 24 octobre. Une lucidité qui va conduire le gérant à privilégier durant deux ou trois trimestres des valeurs cycliques et de consommation discrétionnaire européennes. Ce n'est qu'une fois la situation " normalisée" que le poids de ces titres sera réduit au profit de " global leaders" , des entreprises présentant de bons résultats et offrant une bonne visibilité.

Côté actions, bien que la voilure ait été réduite depuis le mois de juin, les marchés émergents restent surpondérés dans la gestion. En revanche, cette dernière a été plus sélective encore : l'Inde et le Brésil notamment ont vu leur part se réduire, ce qui n'est pas le cas de la Chine dont Frédéric Leroux a salué l'excellente tenue de la monnaie et dont les 6 % à 8 % de croissance semblent tenables. La société de gestion entend également profiter du renforcement des thèmes " croissance américaine" et " reflation japonaise" . A propos de la croissance américaine, le responsable s'est interrogé sur la possibilité que celle-ci puisse composer avec une politique monétaire moins accomodante. Et de souhaiter que l'on tue à feu doux la masse monétaire, compte tenu de son importance,... sans tuer la croissance...

Concernant le Japon, alors que l'objectif des 2 % d'inflation est en vue, le gérant a aussi noté qu'il faut une croissance des salaires dans les entreprises pour accompagner le mouvement. Or, selon le responsable, de grandes entreprises nipponnes ont commencé à verser des bonus à leurs salariés. " En outre, la croissance japonaise serait capable de créer une dynamique dans toute la région" , a insisté Frederic Leroux.

A noter enfin que la gestion opère également une réduction tactique de l'exposition au dollar et une levée de certaines de ses protections sur les devises émergentes ainsi qu'un allègement de ses positions sur les taux d'intérêt.

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