Un membre de la Fed contre le retrait du soutien à l'économie

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UN MEMBRE DE LA FED DIT DE NE PAS RETIRER TROP TÔT LE STIMULANT MONÉTAIRE
UN MEMBRE DE LA FED DIT DE NE PAS RETIRER TROP TÔT LE STIMULANT MONÉTAIRE

par Jason Lange et Karen Pierog

CHICAGO (Reuters) - La Réserve fédérale doit prendre garde à ne pas retirer le stimulant monétaire trop tôt en raison de faiblesses potentielles du marché du travail et des risques conjoncturels à l'étranger, a déclaré lundi le gouverneur Lael Brainard.

"L'heure est à la prudence pour ce qui concerne le retrait du côté accommodant de la politique monétaire", dit-elle, dans un discours qu'elle doit prononcer à Chicago.

Brainard a expliqué que le marché de l'emploi pourrait bien être plus éloigné de sa pleine capacité que certains économistes ne le pensent, ce qui implique qu'"il y a moins d'urgence à relever les taux de manière préventive".

La réunion de politique monétaire des 20 et 21 septembre verra une Fed divisée entre ceux qui craignent que les taux ultra-bas du moment ne provoquent une flambée d'inflation et ceux, dont Brainard fait partie, qui estiment qu'il n'y a aucune nécessité impérieuse à relever les taux d'intérêt.

Certains responsables de la Fed pensent que le marché du travail est proche d'une situation de plein emploi et la présidente Janet Yellen avait dit en juillet que les arguments en faveur d'une hausse des taux s'étaient renforcés.

"Je pense que les circonstances appellent un débat animé la semaine prochaine", a dit Dennis Lockhard, le président de la Fed d'Atlanta, en référence à la réunion des 20 et 21 septembre.

Mais pour Brainard, le marché de l'emploi peut encore de resserrer sans poussée d'inflation. "La réaction de l'inflation à une accélération inattendue de la demande sera sans doute modérée et progressive, nécessitant une réponse monétaire modérée à l'avenant".

La Fed a relevé les taux en décembre dernier, mettant fin à sept années de taux d'intérêt proches de zéro. Des responsables avaient signalé en juin qu'il pourrait y avoir deux autres hausses des taux d'ici la fin de l'année.

Le marché pense cependant que les taux ne seront modifiés ni la semaine prochaine ni à l'occasion de la réunion de politique monétaire des 1er et 2 novembre. Le marché des futures de taux suggère que les traders voient à un peu plus de 50% la probabilité d'une hausse des taux en décembre.

Brainard, l'un des plus ardents défenseurs de la politique de taux ultra-bas de la Fed, a expliqué que les politiques de taux bas généralement pratiquées par les grandes puissances économiques rendaient les Etats-Unis plus exposés à de brusques montées du dollar, susceptibles de freiner encore plus l'inflation.

Cette dernière est en deçà de l'objectif de 2% de la banque centrale ces quatre dernières années.

Wall Street a accru ses gains après les déclarations de Brainard, tandis que le dollar a nettement reculé avant de réduire ses pertes et que les rendements des Treasuries ont fléchi.

Nell Kashkari, le président de la Fed de Minneapolis, a déclaré ce même lundi que la Fed disposait d'"outils parfaits" pour combattre une inflation trop élevée mais il a ajouté qu'elle n'avait en revanche que peu d'outils pour faire face à une inflation trop basse, telle que celle qui persiste depuis plusieurs années.

Une inflation basse implique qu'il n'y a aucune urgence à relever les taux énergiquement, a-t-il ajouté.

(Avec Ann Saphir, Wilfrid Exbrayat pour le service français)

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