Un match pour la légende

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Jeudi soir, Liverpool a battu Dortmund en quart de finale de la Ligue Europa au terme d’un match phénoménal. Menés 2-0 puis 3-1, les Reds sont revenus dans la partie avant de s’imposer dans le temps additionnel. Une histoire de plus à ajouter à la légende du club, la veille d’un triste anniversaire. Celui du Hillsborough.

« Il y a des jours, quand la pluie coule, où toutes les villes ressemblent à Liverpool », chantait Patsy dans les années 1980. Pourtant rien ne ressemble à Liverpool. Et encore moins à son club de football. Parce que Liverpool possède un palmarès unique. Parce que les Reds peuvent se targuer d’avoir un stade et un public fantastiques. Parce que ce club a une histoire et une dramaturgie qui forgent sa légende. Jeudi soir, James Milner et ses coéquipiers ont ajouté une nouvelle ligne à ce roman qu’on se transmet de père en fils sur les bords de la Mersey, en remportant leur duel avec le Borussia Dortmund. Un match pour la légende. Même s’il a été rythmé par de grossières erreurs défensives, même si la charnière Sakho-Lovren a été aux fraises avant de devenir héroïque, et même s’il ne s’agissait que d’un quart de finale de Ligue Europa.

Dix ans de « loose » et une nuit pour une décennie

Pourquoi ? Parce que tous les ingrédients de la dramaturgie fantastique du sport étaient réunis. Un écart conséquent, un match qu’on pense plié, une ambiance formidable, et un retour d’outre-tombe dans une hystérie collective. Sur le papier, ce miracle n’est pas sans rappeler celui d’Istanbul, le 25 mai 2005. Menés 3-0 à la mi-temps en finale de la Ligue des Champions, Steven Gerrard et ses coéquipiers avaient renversé la vapeur pour battre le Milan AC aux tirs au but. La légende d’Istanbul a désormais un petit frère. Club de la « loose » depuis dix ans, Liverpool a offert jeudi à ses supporters une nuit dont ils se souviendront pendant une décennie. « C’était juste merveilleux. Dans le football, ce qu’il y a de plus fort, ce sont ces victoires, soufflait Mamadou Sakho, très ému après la rencontre. On peut être fiers de nous, on a joué avec le cœur. Le public a été extraordinaire, ce n’est pas rien que ce stade est mythique, avec la plus belle ambiance d’Angleterre. Ce sont des moments magiques, magnifiques. »

« Klopp nous a dit de créer un moment dont on parlerait à nos petits-enfants »

Dans un style qui n’est pas sans rappeler Diego Simeone, le fantasque entraîneur de l’Atlético Madrid, Jürgen Klopp est sans conteste l’homme qui a rendu cette belle histoire possible. En transe sur son banc, l’Allemand a su transmettre sa rage de vaincre à ses hommes, comme le racontait Divock Origi à l’issue de la rencontre au micro de la télévision anglaise. « A la mi-temps, Jürgen Klopp nous a dit qu’il fallait créer un moment dont on parlerait à nos petits-enfants et offrir une soirée spéciale aux supporters », a confié le Lillois. « C'est une nuit merveilleuse à Anfield mais pour être franc, ce match a été très étrange, a commenté l’entraîneur des Reds en conférence de presse. C’est facile à dire maintenant, mais à la mi-temps, on sentait que c’était possible. C'est une nuit que l'on n'oubliera pas. »

27 ans après la tragédie de Hillsborough

Il n’y avait qu’à voir la joie des stadiers, derrière le but de Roman Weidenfeller sur la réalisation de Dejan Lovren dans le temps additionnel, pour comprendre que rien n’est comme ailleurs à Liverpool. Encore moins à Anfield, où le respect des minutes de silence n’a pas non plus d’égal. Avant le coup d’envoi, un moment de recueillement a été respecté en mémoire des 96 victimes de la tragédie du Hillsborough. Ce vendredi, on en fête tristement en effet le 27eme anniversaire. Alors offrir cette nuit de bonheur et d’histoire la veille de cet anniversaire, c’est aussi ce qui fait que ce match fait maintenant partie de la légende de Liverpool. Une légende bien vivante.
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