Un Malien jugé à La Haye pour la destruction de monuments

le
0
 (Actualisé avec ligne de défense, UE, précisions) 
    AMSTERDAM, 22 août (Reuters) - Un ancien combattant 
islamiste, dont le procès devant la Cour pénale internationale 
(CPI) s'est ouvert lundi, a reconnu avoir participé à la 
destruction de mausolées à Tombouctou, lors du conflit de 2012 
au Mali, et s'est excusé pour son crime.  
    Ahmed al Faki al Mahdi a demandé pardon, après avoir plaidé 
coupable au début de son procès, et déclaré qu'il avait été 
entraîné dans la "vague malfaisante" d'Al Qaïda et d'Ansar Dine, 
qui avaient brièvement pris le contrôle de Tombouctou. 
    "Je regrette ce que j'ai fait à ma famille, à ma communauté 
à Tombouctou, ce que j'ai fait à mon pays natal, le Mali", 
a-t-il déclaré devant la Cour de La Haye. 
     Il s'agit du premier procès international portant sur la 
destruction de monuments historiques et religieux et de la 
première affaire pour laquelle l'accusé, jugé pour crime de 
guerre, reconnaît sa culpabilité.   
    Il est poursuivi pour avoir, avec son groupe, détruit neuf 
mausolées musulmans et la porte d'une mosquée. La plupart de ces 
lieux ont été construits au XIVe siècle. 
    La procureur Fatou Bensouda a comparé ces actes à la 
destruction des monuments de Palmyre par l'Etat islamique et des 
Bouddhas de Bamiyan en Afghanistan, dynamités par les Taliban en 
2001. 
    Le 24 mars 2016, la première Chambre préliminaire de la CPI 
a confirmé la charge de crime de guerre portée à l'encontre 
d'Ahmad al Faqi al Mahdi. Il est passible de 30 ans de prison, 
mais les procureurs devraient requérir une peine plus légère au 
regard de sa coopération. Le procès devrait durer une semaine. 
    "L'ouverture de ce procès historique, qui a été déféré par 
les autorités maliennes elles-mêmes à la CPI à La Haye, 
constitue un événement important", se félicite un porte-parole 
de l'Union européenne dans un communiqué. "Il favorise la mise 
en œuvre de l'Accord de Paix et de Réconciliation dont la lutte 
contre l'impunité fait partie intégrante." 
    "Pour l'Union européenne, la culture est non seulement la 
base de toute société mais aussi un facteur important de 
développement économique et social, de réconciliation et de paix 
durable", ajoute-t-il 
 
 (Toby Sterling,; Nicolas Delame et Laura Martin pour le service 
français) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant