Un locataire HLM sur cinq a du mal à payer son loyer

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Des immeubles de logements à Marseille le 6 octobre 2016 ( AFP/Archives / BERTRAND LANGLOIS )
Des immeubles de logements à Marseille le 6 octobre 2016 ( AFP/Archives / BERTRAND LANGLOIS )

Près d'un locataire HLM sur cinq, soit 795.000 ménages, a eu des difficultés à payer son loyer en 2014, une proportion en légère baisse sur un an, ce qui n'a pas empêché les procédures contentieuses d'augmenter, révèle une enquête.

Au 31 décembre 2014, 18,5% des ménages présents dans le parc HLM étaient en retard de paiement, selon la 3e enquête sur les impayés et la prévention des expulsions, publiée par Habitat actualités, le bimensuel de l'Union sociale pour l'habitat (USH), et mise en ligne sur son site.

Inférieur à celui de fin décembre 2013 (22%), ce taux reste en hausse par rapport à 2012 (17,5%).

"Globalement élevé", il montre qu'une "part non négligeable des locataires HLM peut rencontrer des difficultés de paiement", commentent les auteurs de l'enquête.

Toutefois, seuls un tiers de ces ménages sont en situation d'impayés depuis 3 mois ou davantage. Fin 2014, ils représentaient 6,4% de l'ensemble des ménages logés en HLM en France, un léger recul comparé à 7,1% un an plus tôt.

Quant au nombre de ménages cumulant des impayés de loyers depuis plus de 12 mois, il "reste faible et stable depuis 3 ans", aux alentours de 1,3% des ménages présents - soit 56.000 ménages à fin 2014.

Les bailleurs sociaux y voient la preuve qu'un "traitement précoce des impayés, de la part des organismes HLM, dès les premiers signes, semble porter ses fruits".

Quelque 440.000 plans d'apurement amiables ont ainsi été signés en 2014, soit autant que l'année précédente mais 42% de plus qu'en 2012 (310.000).

En parallèle, 11.500 protocoles d'accord (dits "de cohésion sociale") ont été signés avec des ménages "dont le bail a été résilié par la justice, afin de leur permettre de continuer à bénéficier d'aides personnalisées au logement (APL)", contre 10.000 en 2012.

- Expulsions en hausse -

Après une forte hausse entre 2012 et 2013, l'activité amiable des organismes s'est ainsi stabilisée en 2014, tout en restant "très importante", selon l'enquête.

Un "important travail de prévention" en direction des ménages en difficulté "permet de régler une partie des situations, et peut expliquer notamment le nombre relativement faible de ménages en impayés de plus de 12 mois", affirment les bailleurs sociaux.

Toutefois, les procédures contentieuses enclenchées par les organismes HLM, "tout en poursuivant la recherche de solutions amiables", assurent-ils, sont en hausse.

Quelque 150.000 commandements de payer - l'ordre délivré par huissier, de s'acquitter des sommes dues dans les 2 mois - ont ainsi été émis en 2014, contre 132.000 l'année d'avant et 114.000 en 2012.

Des personnes manifestent contre les expulsions à l'appel de l'association "Droit au logement" &ag
Des personnes manifestent contre les expulsions à l'appel de l'association "Droit au logement" à Paris le 25 décembre 2015 ( AFP/Archives / MIGUEL MEDINA )

Dans le même temps, 75.000 assignations en justice ont été prononcées en 2014 - soit 11.000 de plus qu'en 2013 et 17.000 de plus qu'en 2012, concernant 1,7% des locataires HLM. Quelque 31.000 baux ont été résiliés suite à une assignation.

Toujours en 2014, 32.000 commandements de quitter les lieux ont été délivrés, soit 4.000 de plus que les deux années précédentes.

En "dernier recours", les organismes HLM font appel à la force publique pour expulser le locataire en défaut: 21.000 demandes ont été effectuées en 2014, soit davantage qu'en 2013 et 2012 (18.000 chaque année).

Un tiers de ces demandes ont été exécutées, soit 7.000 expulsions, un chiffre en hausse de 16,7% sur un an.

Pour l'association de défense des consommateurs CLCV sollicitée par l'AFP, "ce comportement brutal ne peut être qualifié de social".

"Plutôt que menacer les locataires, mieux vaudrait les informer sur leurs droits et les accompagner", affirme la CLCV, qui se dit opposée à "toute expulsion, surtout lorsqu'elle est le fait d'un bailleur social dont la vocation est d'accueillir et de protéger les publics fragiles".

"Par ailleurs, un locataire expulsé peut faire valoir son droit au logement (DALO) et ainsi être relogé en HLM, ce qui rend toute expulsion d'autant plus absurde", estime l'association.

L'enquête porte sur les données de 393 organismes, représentant 76% du parc locatif HLM.

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  • floalain il y a 4 semaines

    Il y a des mauvais payeurs partout et encore plus chez les gens logés dans les HLM. Ce n'est pas forcément pour ça qu'ils n'ont pas les moyens de payer, question d'éducation.

  • dotcom1 il y a 4 semaines

    Ca laisse quatre locataires HLM sur cinq qui n'ont aucun mal à payer leurs loyers. C'est trop!

  • Neova il y a 4 semaines

    Bah... si je suis cenS ur ée... je m'incline. Vive la République des winners !

  • SuRaCtA il y a 4 semaines

    Sinon Neova, la surface est le premier critere déterminant la valeur locative ou immobilière d'un bien dans un secteur donné, même si d'autres paramètres entrent en ligne de comte bien évidement (Demandes à S. Plaza il t'expliquera cela mieux que moi...)

  • SuRaCtA il y a 4 semaines

    Neova si l'on a pas un boulot qui rapporte assez, c'est souvent qu'on a pas effectué les efforts suffisant par le passé pour obtenir des qualifications plus rémunératrices... Chacun est libre et acteur de sa vie, donc grandement responsable de ce qui lui arrive... Mais on a a rien sans rien, on en revient toujours aux efforts et au mérite...

  • cresus57 il y a 4 semaines

    C'est sûr, quand on achète régulièrement un téléphone ou une télé au prix bien supérieur au montant du loyer pourtant réduit, le choix est fait...

  • Neova il y a 4 semaines

    "devoir déménagé dans la logement plus petit voir devoir retrouner chez ses parents ou des amis est arrivé à bien des gens ce n'est pas la fin du monde même si c'est difficile à vivre, à chacun de trouver la force de rebondir !"... et pour les autres qui n'ont pas ces alternatives ? Bientôt, on va lire que ce n'est pas normal d'avoir un boulot qui ne rapporte pas assez et qu'il faut en trouver un autre. Pour un info, un appart plus petit n'est forcément moins cher avec les années

  • SuRaCtA il y a 4 semaines

    Quand on choisit un logement qui ne correspond pas à ses ressources financières ou que l'on ne guère pas correctement ses ressources financière on aboutit à ce genre de situation, il a a parfois le accident de la vie aussi qui n'ont pas été anticipé, mais devoir déménagé dans la logement plus petit voir devoir retrouner chez ses parents ou des amis est arrivé à bien des gens ce n'est pas la fin du monde même si c'est difficile à vivre, à chacun de trouver la force de rebondir !

  • nayara10 il y a 4 semaines

    Il me semble qu'une catégorie de population ne paye pas ses loyers et touche plus de subventions qu'une personne qui travaille pour le même montant et celle-ci payent des impôts et n'a pratiquement aucune aide ....

  • M1945416 il y a 4 semaines

    ou vous êtes locataire, ou vous devenez propriétaire, … à chacun de faire son calcul , de toute manière il y a pas le choix, à moins d'acheter une caravane