Un Land allemand réduit sa coopération avec une association turque

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    BERLIN, 6 septembre (Reuters) - Les autorités du Land 
allemand de Rhénanie du Nord-Westphalie ont mis fin à leur 
collaboration en matière de lutte contre la radicalisation 
religieuse avec une association musulmane liée à la Turquie 
après une polémique provoquée par une bande dessinée glorifiant 
selon elles le martyre. 
    Un porte-parole du ministère de l'Intérieur du Land a 
expliqué mardi que les autorités avaient demandé à l'Union 
turco-islamique pour les Affaires religieuses (DITIB), la 
principale association musulmane d'Allemagne, de prendre 
publiquement ses distances avec une publication de la plus haute 
autorité islamique turque, Diyanet. 
    Des médias allemands ont reproduit le dessin incriminé avec 
une traduction du dialogue en turc entre un enfant et son père 
qui se termine par cet échange: "Papa, est-ce que ça vaut le 
coup de devenir martyr?", "Bien sûr, mon fils! Qui ne voudrait 
pas aller au paradis?" 
    DITIB a publié un communiqué pour expliquer que la planche 
avait été publiée le jour où la Turquie honore la mémoire des 
soldats morts à la guerre, notamment à Gallipoli pendant la 
Première Guerre mondiale. 
    "Nous avons souligné qu'on pouvait certainement se demander 
si sujet était pertinent sur le plan éducatif. Nous avons aussi 
souligné qu'il fallait éviter de représenter la violence, ou les 
effets de la violence, d'une manière qui la glorifie", indique 
l'association.  
    Le terme "martyr" est communément employé en Turquie pour 
qualifier les soldats tués au combat, en particulier dans le 
conflit contre les séparatistes kurdes. Obtenir ce statut de 
"martyr" permet à la famille d'un soldat tué de recevoir un 
dédommagement de l'Etat. 
    Cette explication n'a pas convaincu les autorités de 
Rhénanie du Nord-Westphalie: "Nous attendions de DITIB qu'elle 
prenne clairement ses distances avec (ce dessin). Cela n'a pas 
été le cas donc nous avons mis fin à notre collaboration", a 
déclaré le porte-parole. 
    Il a ajouté que la suspension de la coopération concernait 
uniquement le programme de lutte contre la radicalisation, 
destiné à prévenir le recrutement de jeunes musulmans par des 
groupes djihadistes comme l'Etat islamique, mais pas d'autres 
projets comme l'enseignement de l'islam à l'école. 
    DITIB s'appuie sur un réseau de quelque 900 associations sur 
l'ensemble du territoire allemand, incluant de nombreuses 
mosquées dont l'imam a été envoyé par les autorités turques. 
    Dans un contexte de tensions diplomatiques entre Berlin et 
Ankara autour de la crise des migrants et des conséquences du 
coup d'Etat avorté du 15 juillet en Turquie, des responsables 
politiques allemands ont réclamé un réexamen des relations 
nouées entre les autorités et DITIB depuis 30 ans. 
     
 
 (Madeline Chambers; Tangi Salaün pour le service français) 
 
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