Un label «restaurant» pour restaurer la confiance

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Un syndicat et des parlementaires envisagent de protéger l'appellation «restaurant». Elle serait réservée aux lieux qui cuisinent leurs plats sur place et à partir de produits qui nécessitent une préparation et d'être cuisinés .

Le petit Robert se contente de décrire un restaurant comme un «établissement où l'on sert des repas moyennant paiement». Mais au Synhorcat, l'un des principaux syndicats de l'hôtellerie-restauration on ne se satisfait pas de cette définition. Alors que se généralisent les établissements où l'on réchauffe des plats tout prêts ou, au mieux, réalise des assemblages de produits industriels, les tenants de la restauration traditionnelle pensent qu'il est temps de défendre la profession.

Alors que certains misent sur le développement du titre de «maître restaurateur» ou sur des labels privés, le Synhorcat propose de n'accorder le nom de restaurant qu'à «des établissements qui servent à leur clientèle, dans des conditionnements non jetables, des plats cuisinés sur place à base de produits bruts». Pour motiver cette action, l'organisation professionnelle met notamment en avant un sondage Opinionway qu'elle a commandité montrant que 45 % des clients ne font pas confiance aux restaurateurs en terme de transparence et 38 % en matière de qualité.

L'idée n'est pas si utopique. Les boulangers ont réussi à protéger leur appellation pour la réserver à des artisans travaillant sur place. Des parlementaires de tous bords comme la députée socialiste de Gironde, Pascale Got, ou le député UMP du Pas-de-Calais, planche sur la question. Elle pourrait être intégrée dans la loi consommation de Benoît Hamon ou par le biais d'un amendement.

Si Didier Chenet, président du Synhorcat estime «qu'une telle loi serait simple à mettre en œuvre et pourrait entraîner de nouvelles embauches», la réalité semble un peu plus complexe. Il faudrait dans un premier temps lister les produits que le restaurateur n'a pas obligation de préparer lui-même. Il est facile d'exempter les charcuteries, les fromages ou les glaces mais établir la liste exhaustive peut tourner à l'usine à gaz. Par ailleurs, certains observateurs craignent que cette mesure ne justifie une augmentation des prix à un moment où la profession doit subir une hausse de la TVA.

L'examen de la loi Hamon, fin juin, permettra de savoir si des avancées législatives sont à attendre pour les restaurants. Une chose est sûre: sur la base d'un même constat, celui d'un consommateur perdu qui ne sait pas bien ce qu'il va trouver dans son assiette, les restaurateurs n'ont pas été capables jusqu'à présent de proposer une solution commune.

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  • SuRaCtA le jeudi 30 mai 2013 à 10:53

    MacDo prépare ces "plats" sur place, ils auront donc le label "restaurant"...

  • md24750 le jeudi 30 mai 2013 à 10:49

    Un label «restaurant» pour restaurer la confiance: Pour se restaurer ?????

  • M5905034 le jeudi 30 mai 2013 à 09:36

    la solution est bien plus simple, mettre une baie vitrée ouvrant sur la cuisine