Un journaliste français enlevé par les Farc en Colombie

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Un journaliste français enlevé par les Farc en Colombie
Un journaliste français enlevé par les Farc en Colombie

BOGOTA/PARIS (Reuters) - Le journaliste français porté disparu avec cinq autres personnes après une attaque des Farc samedi, dans le sud de la Colombie, a été enlevé et fait prisonnier par la guérilla marxiste, a déclaré dimanche le ministre des Affaires étrangères Alain Juppé.

Roméo Langlois, correspondant de la chaîne d'information France 24 en Colombie, a été enlevé lors d'un affrontement entre l'armée colombienne et les Farc, a dit Alain Juppé en marge d'une réunion publique UMP à Lyon, a précisé un porte-parole du Quai d'Orsay, sans donner plus de précisions.

Le journaliste accompagnait les militaires pour un reportage sur la lutte contre le trafic de drogue et sur la destruction des laboratoires de cocaïne, a-t-on appris de source autorisée.

"Nous savons que c'est une région dangereuse. Nous sommes bien sûr inquiets, mais nous faisons confiance à Roméo qui connaît bien le terrain et qui a beaucoup d'expérience", indique Nahida Nakad, directrice des rédactions de l'Audiovisuel extérieur de la France (AEF) dans un communiqué.

"Nous espérons qu'il est sain et sauf. Nous sommes en contact permanent avec sa famille. Toute la rédaction de France 24 se sent concernée et est de tout coeur avec elle", ajoute-t-elle.

Le ministère colombien de la Défense n'a pour sa part pas confirmé l'enlèvement du journaliste français par la guérilla.

L'attaque menée par les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) s'est produite dans le village de La Union Peneya, dans la région de Caqueta.

Trois soldats et un policier ont été tués lors de l'offensive et les cinq membres des forces de sécurité colombiennes portés disparus ont été retrouvés vivants, indique dans un communiqué le ministère colombien de la Défense.

Le gouvernement colombien a changé de stratégie face à la principale guérilla latino-américaine, jugée affaiblie. L'armée mène désormais un combat frontal contre les structures militaires et économiques des Farc, alors qu'elle privilégiait il y a peu l'assassinat ou l'enlèvement de ses principaux responsables.

Selon les analyses de l'état-major des forces armées, la guérilla est considérablement affaiblie après la mort de ses chefs, Raul Reyes, Victor Julio Suarez et Alfonso Cano, mais reste active grâce au maintien de cellules de commandement intermédiaires.

Les membres des Farc, qui seraient encore 8.000 selon le gouvernement colombien, ont intensifié leurs attaques ces dernières semaines, surtout contre le secteur pétrolier. Bogota refuse d'entamer des pourparlers de paix tant que les guérilleros détiendront des otages et continueront d'attaquer des civils et des militaires.

Sophie Louet à Paris, Helen Murphy et Luis Jaime Acosta à Bogota, Benjamin Massot, Guy Kerivel et Marine Pennetier pour le service français

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