Un jeu de société pour aider les plus précaires à gérer leur logement

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Emmaüs solidarité lance avec le soutien du Groupe logement français, un jeu baptisé Kijoulou. L’objectif ? Accompagner les plus fragiles pour les aider à devenir des locataires avertis qui sauront gérer leur budget.

Pour cette matinée de lancement, le principal centre d’accueil de jour de l’association Emmaüs Solidarité, en plein cœur de Paris, s’est transformé en vaste salle de jeu. Face à face, deux équipes de deux joueurs s’affrontent, arbitrés par une travailleuse sociale. A mi-chemin entre Monopoly et Trivial Pursuit, le jeu baptisé Kijoulou mêle gestion de budget au quotidien et questions de culture générale immobilière.

Chaque profil: célibataire, famille monoparentale, couple avec deux enfants, et cetera se voit attribuer un budget mensuel avec le frais qui vont avec (loyer, énergie, alimentation, impôts…) Chaque équipe définit sa stratégie pour finir son mois sans tomber dans le rouge en payant ses factures et en équipant son logement. Et en répondant correctement à certaines questions: Quel est le prix moyen d’un mètre cube d’eau froide? Citez trois gestes simples pour faire des économies d’énergie? Qui est présent lors de l’état des lieux?, il est possible de gagner de précieux euros supplémentaires.

2/3 des ménagés hébergés par Emmaüs n’ont jamais été locataires

Elaboré par les équipes d’Emmaüs Solidarité en collaboration avec le Groupe logement français, un important bailleur social, le jeu va désormais être commercialisé (à 60 euros) auprès des associations, centre sociaux, bailleurs, etc. qui souhaiteraient disposer d’un tel outil. «C’est un instrument pédagogique et ludique à la fois qui permet de faire prendre conscience aux candidats locataires des différentes phases dans l’obtention et l’occupation d’un logement», souligne Marc Prévot, président d’Emmaüs Solidarité. Chez Emmaüs, l’utilisation du jeu s’inscrit dans le cadre d’une formation de 3 mois des candidats à la location débouchant sur un diplôme maison. Une formule qui rassure aussi bien les futurs occupants (dont les 2/3 n’ont jamais été locataires en France) que les bailleurs.

«Ce passage de l’hébergement au logement est essentiel, estime Philippe Bry, président du Groupe logement français. C’est un gros enjeu pour les associations comme pour les bailleurs et il est essentiel de trouver des passerelles pérennes.» D’ailleurs, ce travail en commun a aussi été très instructif pour le bailleur. «En élaborant les questions, nous autres professionnels avons aussi dû nous remettre en cause et mettre à jour nos connaissances, admet Hervé Leservoisier du Groupe logement français. D’ailleurs nous utiliserons sans doute ce jeu en interne comme outil de management.»

Lit ou table?

Une chose est sûre, la forme du jeu permet de libérer la parole des participants, chacun affirmant sa stratégie. L’un préfère s’occuper du budget pour éviter le côté cigale de son coéquipier, un autre préfère équiper plus confortablement son logement. Pragmatique, l’une des joueuses qui dispose d’un petit budget et doit choisir au entre un lit et une table pour son appartement opte pour la deuxième solution. «Au pire des cas, on pourra dormir dessus après le repas.»

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  • M3182284 le dimanche 31 mai 2015 à 20:05

    ça gère pas son loyer mais ça passe sa journée avec son téléphone cellulaire et ça fait 8 gosses