Un Japon divisé sur son avenir militaire commémore Hiroshima

le
0

par Hyun Oh et Toru Hanai HIROSHIMA, Japon, 6 août (Reuters) - Les cloches ont retenti tandis que des milliers de personnes priaient tête baissée jeudi à Hiroshima pour les cérémonies marquant le 70e anniversaire du lâcher de la première bombe atomique sur le Japon. Le maire d'Hiroshima, Kazumi Matsui, a demandé la suppression des armes nucléaires et la création de systèmes de sécurité qui ne dépendent pas de la puissance militaire. "Travailler avec patience et persévérance pour parvenir à ces systèmes sera vital et nécessitera que nous encouragions partout dans le monde la voie de la paix véritable révélée par le pacifisme de la constitution japonaise", a déclaré le maire d'Hiroshima, en contraste avec les projets du gouvernement. Le gouvernement du Premier ministre Shinzo Abe veut faire voter des lois autorisant l'armée japonaise à participer à des conflits, pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale, ce qui suscite une vague de protestation dans tout l'archipel. A 8h15 (mercredi 23h15 GMT), au moment exact où la bombe larguée par l'aviation américaine a explosé le 6 août 1945, la foule s'est figée dans la chaleur lourde de l'été dans un moment de silence seulement troublé par le chant des cigales et le son de la cloche de la paix. "Mon grand-père est mort ici à ce moment-là et je continue à me demander ce qu'il a ressenti", déclare Tomiyo Sota. "Il n'avait que 21 ans et cela me fait de la peine de penser qu'il est mort si jeune." La bombe d'Hiroshima a fait au total 140.000 morts (don't 100.000 immédiatement). Trois jours plus tard, celle larguée à Nagasaki, le 9 août 1945, a tué 40.000 personnes. Puis, le Japon a capitulé et la guerre a pris fin le 15 août. L'opposition aux nouvelles lois sur l'engagement militaire -- elles ont passé la chambre basse du Parlement et sont débattues au Sénat -- reste forte. Le Premier ministre bénéfice désormais d'un taux de soutien inférieur à 40%. Un groupe national de survivants des bombes, Nihon Hidankyo, a accusé le gouvernement de vouloir passer en force au Parlement. "Plus la discussion avance et plus il devient clair qu'ils bafouent la constitution et son renoncement à la guerre et à la puissance militaire", a déclaré Nihon Hidankyo dans un communiqué. Shinzo Abe a assisté aux cérémonies et soutenu l'appel à la fin des armes nucléaires. Il prévoit de publier un communiqué marquant l'anniversaire de la fin de la guerre la semaine prochaine. Ses détracteurs estiment qu'il cherchera à diluer les excuses officielles du passé. (Danielle Rouquié pour le service français)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant