Un hôtel particulier mis en vente à 100 millions

le
0
Des Chinois et des Russes sont intéressés par cette propriété mise en vente mardi sur l'avenue Foch. C'est la première fois qu'un prix si élevé est fixé pour un bien immobilier résidentiel à Paris.

Un hôtel particulier de 3100 m² qui comprend 20 pièces, dont 12 chambres. Le palais Montmorency, situé sur l'avenue Foch, a été proposé à la vente mardi par le groupe immobilier Féau pour 100 millions d'euros et aurait déjà des propositions d'acheteurs potentiels. «Nous avons déjà reçu plusieurs Russes et Chinois qui sont intéressés», a indiqué Marie-Hélène Lundgreen, directrice de Belles Demeures de France, filiale du groupe immobilier Féau, qui assure détenir plus de 50% des parts du marché de l'immobilier parisien très haut de gamme.

L'actuel propriétaire qui a décidé de mettre cet hôtel particulier sur le marché est «une famille du golfe persique qui possède beaucoup de propriétés dans le monde», a indiqué Marie-Hélène Lundgreen, mardi à l'Agence France-Presse. Edifié par l'architecte Henri-Paul Nenot en 1912 pour la duchesse de Montmorency, le palais Montmorency a été vendu pour la première fois en 1927, pour 8 millions de francs-or à Anténor Patino, le fils de Simon Patino, «le baron de l'étain».

Un boom grâce aux non-résidents

Cette tendance d'acquisition des biens d'immobiliers de luxe à Paris par des étrangers n'est pas nouvelle. La capitale française, depuis longtemps considérée comme la plus belle du monde, dispose d'appartements chargés d'histoire avec des vues magnifiques, ce qui intéresse beaucoup les acquéreurs.

Ces derniers proviennent des pays du l'ex-bloc soviétique, de l'Extrême-Orient, notamment de Chine et des pays du Golfe. Charles-Marie Jottras, le président du groupe Féau, précise que «le parc du luxe parisien bascule dans les mains des étrangers, car au-dessus de 4 millions d'euros, un acheteur sur deux est non-résident».

Selon le groupe, le prix de chaque bien vendu à Paris et dans la banlieue proche (principalement dans le département des Hauts-de-Seine) s'échelonne en moyenne entre 2 et 30 millions d'euros. Quant aux ventes supérieures à 6 millions d'euros, elles ont progressé en nombre de 70% l'année dernière par rapport à 2009. Pour Charles-Marie Jottras, le président directeur général du groupe Daniel Féau, il ne s'agit toutefois pas d'une bulle spéculative sur l'immobilier de luxe. «Le stock de biens à vendre est peu important, et dans les dix arrondissements de Paris les plus recherchés (1er à 8e arrondissement, ainsi que le 16e et le sud du 17e), il n'y a pas de construction neuve ou de transformation de bureaux en appartements», a-t-il souligné dans son interview de février dernier.

Cet engouement des clients étrangers pour les biens immobiliers de luxe dans la capitale française a permis aux agences immobilières Daniel Féau de réaliser un chiffre d'affaires record de 1,02 milliard d'euros en 2010.

Dans l'immobilier parisien, le record de prix est de 98 millions

Si le palais de Montmorency était vendu au prix annoncé de 100 millions d'euros, il battrait alors le record parisien, estimé par les spécialistes à environ 98 millions d'euros pour l'hôtel particulier Soyecourt. Ce dernier a été vendu récemment par la famille Pozzo di Borgo au président gabonais Bongo Ondimba. En février dernier, une famille princière du Golfe a déjà battu le record avec l'acquisition pour 68 millions d'euros d'un hôtel particulier dans le 7e arrondissement de Paris.

LIRE AUSSI :

» Immobilier de prestige: à Paris, 60% des acquéreurs sont étrangers

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant