Un homme est arrêté par les policiers du GIPN, lors d'une opération dans les milieux islamistes radicaux, le 4 avril 2012 à Roubaix

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Les policiers ont interpellé trois personnes - sur les dix qui l'ont été en France - mercredi matin à Roubaix, dans le cadre de la nouvelle opération menée dans plusieurs villes dans les milieux islamistes radicaux, ont constaté des journalistes de l'AFP.Un homme habillé d'une djellaba et une femme, dont les visages étaient masqués, ont été emmenés dans deux monospaces noirs, qui sont partis vers 08H15, toutes sirènes hurlantes, plus de deux heures après le début d'une première perquisition dans un petit immeuble roubaisien.Neuf policiers cagoulés avaient auparavant sécurisé les lieux, dont quatre en civil et cinq policiers semblant appartenir au GIPN.A deux rues de là, un homme âgé d'une trentaine d'années, le visage caché par un keffieh et habillé en djellaba, a également été arrêté dans le calme, et les policiers ont fouillé deux voitures devant sa maison.Les rues concernées par l'opération, situées à proximité du quartier populaire de l'Alma, sont restées calmes: seuls quelques voisins intrigués sont sortis de leur immeuble pour voir ce qui se passait, alors qu'une dizaine de journalistes - dont certains avaient été prévenus la veille - étaient sur place.Cette opération, qui touche Roubaix, mais aussi les quartiers nord de Marseille, Carpentras (Vaucluse), Valence, Pau et le Lot-et-Garonne, vise des personnes susceptibles de s'être rendues en Afghanistan ou au Pakistan ou de vouloir s'y rendre pour mener le jihad, a-t-on indiqué de sources proches de l'enquête."Il n'y a pas d'appartenance à un réseau. Ce sont des individus isolés avec pour la plupart un profil à la Mohamed Merah", le tueur au scooter qui a assassiné trois parachutistes et trois enfants et un père juifs à Toulouse et Montauban les 11, 15 et 19 mars, selon une source policière. Il n'y a aucun lien entre ce nouveau coup de filet et l'enquête Merah, a-t-on ajouté. Présenté par la police comme un petit délinquant qui s'est radicalisé seul, Merah a été tué le 22 mars lors de l'assaut du Raid dans l'appartement toulousain où il s'était retranché.Cette nouvelle opération intervient moins d'une semaine après l'interpellation de membres du groupuscule salafiste Forsane Alizza, le 30 mars. Treize d'entre eux ont été présentés à des juges d'instruction mardi soir en vue de leur mise en examen pour détention d'armes et association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste.Le candidat-président Nicolas Sarkozy avait prévenu après ce premier coup de filet que les opérations policières dans les milieux islamistes radicaux allaient "continuer". Une partie de l'opposition à Nicolas Sarkozy a dénoncé les arrière-pensées politiques qui se dissimuleraient derrière ces opérations policières, le FN dénonçant un "coup de filet électoraliste". "Ca tombe bien" pour la campagne de Nicolas Sarkozy, avait ironisé le candidat du Front de gauche, Jean-Luc Mélenchon.Michel Sapin, un proche de François Hollande, rival socialiste de Nicolas Sarkozy avait jugé "légitime" la lutte contre l'islam radical mais "critiquable" de l'utiliser "à des fins électorales". Il avait regretté "la présence de caméras" lors de l'opération contre Forsane Alizza.Dans le cadre de son offensive contre l'islam radical, le gouvernement s'est également opposé à l'entrée sur le territoire de plusieurs imams, invités au 29e Congrès de l'UOIF (Union des organisations islamiques de France). Leur étaient reprochés leurs propos violents, antisémites et offensants pour les femmes. Parmi ces personnalités non grata, le célèbre qatari d'origine égyptienne Youssef Qaradaoui.L'opération de mercredi se déroule dans le cadre d'une enquête préliminaire du parquet antiterroriste de Paris, confiée à la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI)

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