Un harki gréviste de la faim exige de voir François Hollande

le
1

BORDEAUX (Reuters) - Le président du Comité national de liaison des harkis mène depuis lundi dernier à Agen (Lot-et-Garonne) une grève de la faim pour exiger d'être reçu par François Hollande à qui il reproche de n'avoir pas tenu ses promesses.

Installé dans un fourgon stationné devant la préfecture, Boaza Gasmi, 60 ans, est entouré de plusieurs membres de la communauté harki. Il se dit déterminé à obtenir du président de la République la reconnaissance des préjudices des harkis lors du retrait français.

"Je suis fatigué, mais je suis déterminé. Je ne fais pas ça pour m'amuser. Que François Hollande ne nous reçoive pas c'est du mépris. Peut-il ignorer les 1,5 millions de harkis et leurs descendants qui sont Français et dont les familles ont payé cher leur attachement à la France?", dit-il vendredi à Reuters.

Boaza Gasmi, qui préside une des plus importantes associations de harkis, a connu le camp de Bias près de Villeneuve-sur-Lot dans le Lot-et-Garonne, où il est arrivé en 1965 et où ses parents et leurs quatre enfants ont vécu dans des conditions très dures jusqu'en 1978.

Les harkis étaient des supplétifs de l'armée française qui ont été pour la plupart abandonnés en Algérie après les accords d'Evian signés en mars 1962 mettant fin à l'Algérie française.

Selon Boaza Gasmi 250.000 d'entre eux ont été massacrés par le FLN après le départ des Français et 70.000 environ ont été accueillis en France et placés dans des camps.

Le gréviste de la faim réclame du président qu'il "reconnaisse l'abandon des harkis par l'Etat français, les conditions inhumaines dans lesquelles nous avons été reçus en France, la discrimination dont ont été victimes les enfants de harkis".

Il demande également la création d'une commission composée de parlementaires et de harkis dont la mission serait d'élaborer un plan d'action en faveur de la communauté.

Une nouvelle audience avec le ministre délégué aux Anciens combattants Kader Arif, qui l'avait reçu au mois de mars, a été proposée mardi à Boaza Gasmi mais celui-ci l'a déclinée.

Claude Canellas, édité par Yves Clarisse

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • manx750 le vendredi 20 sept 2013 à 16:38

    M. GASMI ne peut peut pas être ancien combattant harki car il avait 8 ans a son arrivee en nce, comme 1 million de rapatries d'Algeri, en 1962 annee de l'independance de l'Algerie. C'est un enfant français qui a grandi en France, a bénéficié de bourses scolaires et des allocations accordees aux harkis et à leurs familles. La duree myenne de passage des familles dans les centres d'accueil ne dépassait pas en myenne 6/8 mois à leur arrivee;