Un Français sur deux prêt à délaisser le livret A

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VIDÉO - Un Français sur deux veut continuer à épargner autant, mais souhaite placer ses économies ailleurs que sur un livret A, désormais rémunéré 0,75% par an, un plus bas historique.

Le livret A n'a plus la cote. La baisse continue de son taux de rémunération, passé de 1% à 0,75% ce samedi - un plus bas historique -, encourage les épargnants à placer leur argent ailleurs. Selon un sondage paru ce dimanche dans Ouest France, un Français sur deux souhaite à l'avenir épargner autant, mais ne compte plus déposer ses futures économies sur un livret A. Près de 40% des personnes interrogées affirment cependant ne pas prévoir de changer leurs habitudes d'épargne, malgré la faiblesse du rendement du placement préféré des Français.

En juin dernier, les Français, couverts à hauteur de près de 93% en livrets A, avaient déposé au total 260 milliards d'euros sur ce placement d'épargne réglementée, au rendement faible mais peu risqué. C'est légèrement moins que le mois précédent. En réalité, cela fait déjà plus d'un an que les épargnants retirent peu à peu leurs économies de ce placement devenu peu rémunérateur en raison de la faiblesse de l'inflation. Fin 2013, l'encours total placé sur les livret A dépassait en effet 266 milliards d'euros, soit près de 6 milliards d'euros de plus qu'aujourd'hui. Une tendance à l'érosion qui contraste avec le rush constaté en 2012 et au début de l'année 2013, consécutif au relèvement du plafond de ce placement, de 15.300 euros à 22.950 euros - une promesse de campagne du candidat Hollande.

Les épargnants français frileux

Si les Français délaissent le livret A, ils n'en deviennent pas audacieux pour autant lorsqu'il s'agit de placer leurs économies. Le dernier rapport de la Banque de France consacré à l'épargne réglementée souligne qu'en 2014, les Français ont délaissé le livret A et le livret de développement durable (LDD), dont la rémunération suit celle du livret A, au profit du plan d'épargne logement (PEL) et de l'assurance-vie. «En 2014, les ménages ont orienté leurs placements vers les produits d'épargne les moins risqués mais les plus rémunérateurs», explique le rapport.

Rémunéré jusqu'en février dernier 2,5% contre 1% pour le livret A, le PEL constituait à ce titre un placement particulièrement intéressant. L'année dernière, l'encours du PEL a ainsi progressé de plus de 9%, à 216 milliards d'euros, tandis que celui de l'assurance-vie, rémunéré en moyenne 2,5% pour les fonds en euros à capital garanti en 2014, progressait de son côté de 3,4%, à 43 milliards d'euros. Sur les six premiers mois de l'année 2015, l'assurance-vie a collecté 12,3 milliards d'euros supplémentaires, contre 10,6 milliards d'euros l'année dernière. Avec une rémunération du livret A passée ce samedi sous les 1%, cette tendance devrait encore s'accélérer. Pourtant, rappelle la Banque de France, le livret A est encore rémunéré davantage qu'il ne devrait l'être si le gouvernement avait scrupuleusement suivi la formule de calcul prévue à cet effet. Elle prévoyait à partir de ce samedi un rendement de 0,5%.

La prudence des ménages français n'est pas sans conséquence pour l'économie française, qui peine de ce fait à se financer. La création, en 2012, d'un PEA PME et de nouveaux contrats d'assurance-vie «euro croissance» avait vocation à encourager les Français à prendre plus de risques et orienter davantage leur épargne vers le financement des entreprises. Mais le succès, pour l'instant, n'est pas encore au rendez-vous.

VIDÉO - Associations, syndicats et mal-logés ont manifesté jeudi 30 juillet, à Paris, pour protester contre la baisse du taux de rémunération du livret A.

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