Un Français, ex-détenu à Guantanamo, arrêté au Canada

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(Actualisé avec sources canadiennes sur l'imminence de sa libération) TORONTO/PARIS, 5 novembre (Reuters) - Le Français Mourad Benchellali, ancien détenu de la base américaine de Guantanamo connu, depuis sa libération, pour ses actions de "déradicalisation" auprès de jeunes, a été arrêté lundi au Canada, a confirmé mercredi son avocat français William Bourdon. Selon son avocat canadien, il devrait être libéré et autorisé à regagner la France dans les prochaines heures. "Les détails sont en train d'être finalisés, mais ils devraient l'autoriser à rentrer ce (mercredi) soir", a déclaré Hadayt Nazami, joint par téléphone. Selon Radio Canada, qui a révélé l'information, il devait participer à une conférence sur la prévention de la radicalisation en prison, mais les autorités locales ont considéré qu'il représentait toujours une "menace à la sécurité nationale". Il figure sur une liste d'interdiction de survol des Etats-Unis. Mourad Benchellali a été détenu à Guantanamo de janvier 2002 à juillet 2004. Originaire de Vénissieux, banlieue déshéritée de Lyon, et arrêté dans un camp d'entraînement d'Al Qaïda en Afghanistan, d'où il a été remis à l'armée américaine, il a toujours nié les faits qui lui étaient reprochés. A son retour en France, il a été condamné pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste et emprisonné à Fleury-Mérogis (Essonne). Depuis deux ans, il multiplie les prises de parole auprès de jeunes tentés par le djihad en Syrie, pour tenter de les dissuader de partir. Il refuse toutefois d'être considéré comme un "repenti", assurant n'être parti en Afghanistan que comme "touriste", sans idéologie islamiste. Son père, ancien imam radical à Vénissieux, a été condamné pour association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste et expulsé vers l'Algérie, son pays d'origine. La cinéaste Eileen Thalenberg, qui travaille à Toronto, a expliqué qu'elle avait invité Mourad Benchellali au Canada pour participer à cette conférence dans le cadre d'un documentaire qu'elle produit pour le diffuseur public Radio Canada. Elle a ajouté qu'elle s'était renseignée auprès de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) et avait obtenu la garantie que Benchellali ne serait pas inquiété. "Je ne l'aurais jamais invité sinon", a-t-elle ajouté. Aucun commentaire n'a pu être obtenu auprès de la GRC. La réalisatrice a ajouté que Benchellali lui avait envoyé un sms depuis son lieu de détention, dans lequel il lui écrit qu'il n'aurait jamais pensé se retrouver de nouveau dans une combinaison orange, la tenue des prisonniers de Guantanamo. (Julie Gordon à Toronto, Chine Labbé à Paris et Catherine Lagrange à Lyon; édité par Sophie Louet et Henri-Pierre André)

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