Un Français arrêté au Maroc avec des armes dans ses bagages

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NANTES (Reuters) - Un ancien militaire français de 31 ans a été arrêté dimanche à Fès (Maroc) après avoir pris un vol à l'aéroport de Nantes (Loire-Atlantique) avec des armes dans ses bagages sans être inquiété, a-t-on appris mercredi de source proche du dossier.

Manuel Broustail, qui habite Angers (Maine-et-Loire), avait pu prendre cet avion au terme de son assignation à résidence, qui avait été décidée le 3 décembre dans le cadre de l'état d'urgence.

Cinq couteaux, une machette, des treillis, une matraque téléscopique, une cagoule et une petite bonbonne de gaz ont été retrouvés dans les bagages en soute, à son arrivée sur le sol marocain.

Aucun manquement aux règles de sécurité n'est toutefois reproché aux personnels de l'aéroport nantais, seule la présence d'explosifs étant recherchée, dit-on de source proche du dossier, confirmant des informations de la presse régionale.

Fin décembre, Manuel Broustail avait déjà contesté en vain la légalité de son assignation à résidence devant le juge des référés du tribunal administratif de Nantes, où il disait avoir été "victime d'assertions mensongères de la presse quotidienne régionale" à la suite de la perquisition administrative menée à son domicile.

Selon une note des services de renseignement, le militaire se serait radicalisé à l'occasion d'une mission à Djibouti, au terme de laquelle il aurait été radié des effectifs de l'armée.

Il s'est "affirmé comme un leader de fait de la communauté islamiste radicale angevine", selon des éléments repris dans l'ordonnance du juge des référés du tribunal administratif, et "organise des entraînements sportifs de type paramilitaire avec ses coreligionnaires".

Il lui était également reproché de rendre régulièrement visite à un détenu de la maison d'arrêt d'Angers "connu pour son fondamentalisme religieux" et "projetant de se rendre en Syrie à sa libération afin d'y mener le djihad".

Manuel Broustail se défendait toutefois d'exercer toute "fonction officielle ou officieuse de direction ou d'animation" d'un quelconque groupe musulman. "Son adhésion au courant quiétiste du salafisme est le fruit d'un long processus spirituel, et ne traduit aucune radicalisation soudaine", soutenait son avocat dans ses écritures.

Ce dernier estimait surtout que l'assignation à résidence de son client l'avait privé d'une chance de conclure une négociation immobilière au Maroc, pays où il réside habituellement, pour acquérir un local commercial.

(Guillaume Frouin, édité par Yves Clarisse)

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