Un fabricant de jouets lance des poupées atteintes de handicap ou de singularité physique

le
0

La marque britannique Makies, qui propose des jouets personnalisables, s'est inspirée de la campagne de sensibilisation #ToyLikeMe, lancée par des parents d'enfants handicapés sur Internet, pour créer cette ligne.

Ils veulent faire plier l'industrie du jouet. Des parents d'enfants handicapés en Angleterre se sont regroupés il y a quelques semaines pour lancer une campagne, appelée #ToyLikeMe, sur Facebook et sur Twitter. «Nous avons demandé aux internautes de publier des photos de jouets qui représentent le handicap de façon positive», explique Rebecca Atkinson, l'une des trois mamans à l'origine du mouvement, dans une tribune publiée par le Guardian .«J'ai grandi en portant des appareils auditifs et ne me suis jamais vue représentée nulle part.»

Déplorant le manque de diversité au rayon jouet, ces parents demandent publiquement aux fabricants - en première ligne desquels les mastodontes Playmobil, Lego et Mattel - de créer des produits à l'image des enfants «différents». Pour appuyer leur appel, ils ont détourné plusieurs des «blockbusters» de ces marques en leur attribuant une infirmité ou une singularité physique. L'enjeu est de taille pour ce marché qui pèse plus de 2,4 milliards d'euros, selon NPD Group, alors qu'il y aurait 150 millions d'enfants handicapés dans le monde.

Progressivement, la campagne a fait son chemin chez les fabricants. À l'instar du groupe MakieLab, qui fabrique à l'aide d'une imprimante 3D des poupées personnalisables, appelées Makies. L'entreprise britannique vient de lancer une gamme de poupées handicapées: malvoyantes, sourdes, marchant avec des béquilles, ou marquées par une tache de naissance. «Nous espérons que nous pourrons ainsi rendre heureux des enfants - et leurs parents!», déclare Matthew Wiggins, directeur technique de MakieLab sur le blog de l'entreprise. Ils devront toutefois débourser plus de 95 euros pour s'offrir ces poupées.

L'anti-Barbie avec cellulite et acné

De même, selon Rebecca Atkinson, Arklu, le fabricant des poupées Lottie, fait valoir que 25% des figurines qu'il produit portent des lunettes et serait d'accord pour considérer d'autres évolutions plus représentatives des handicapés. La mère de famille déplore toutefois la réserve des «grandes filles et grands garçons de l'univers du jouet», dont certains n'ont pas encore répondu à l'appel. Sur la page Facebook de l'opération, Playmobil a salué l'«idée géniale» de ce groupe de parents, encourageant ces derniers à prendre contact avec ses «responsables produit» par «mail privé».

Ces initiatives ne sont pas une première. En 2013, Mattel, le fabricant de la célèbre Barbie, avait lancé une poupée chauve pour soutenir les enfants qui subissent un traitement contre le cancer. Ce modèle baptisé Ella, qui a été reconduit en 2014, n'est pas commercialisé en magasin mais distribué dans les hôpitaux spécialisés aux États-Unis et au Canada. Poussant le réalisme à l'extrême, la poupée «Lammily doll» mise en vente l'an dernier exhibe fièrement acné et cellulite afin de casser l'image de la femme véhiculée par la plus populaire des poupées mannequin.

Lire la suite de l'article sur lefigaro.fr

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant