Un fabricant de fausses fiches de paie qui intéresse beaucoup les locataires

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Fraîchement lancé, un site Internet propose d’éditer des fiches de paie avec un salaire net choisi par le client, pour un usage « récréatif ». Un service qui intéresse surtout ceux qui ne peuvent louer l’appartement de leurs rêves.

Pas sûr que Karotpay se fasse des amis du côté des propriétaires de logements à louer ou des banques. Tout juste lancé, ce site Internet propose tout simplement de concevoir des fiches de paie avec un logiciel professionnel, sauf qu’ici c’est le client qui choisit le salaire net figurant en bas de page. Une plaisanterie facturée tout de même 19,90 euros par fiche.

Officiellement, il s’agit juste de se faire plaisir en flattant un peu son ego. En bas de page, le site affiche ainsi: «Mise en garde: réservé à un usage strictement personnel». Mais dans le même temps, et de manière bien plus visible, la page d’accueil utilise des expressions ambiguës comme «Pour gagner du crédit» avec une photos évoquant la signature d’un prêt ou «Pour se sentir indépendant» avec une photo d’appartement. Des pistes très claires pour savoir quoi faire de ces fiches.

Un usage légal

«En s’en tenant à un usage purement récréatif, tout cela est parfaitement légal», se défend Ludovic Buzaglo, créateur de ce service. Pourtant, il admet volontiers que parmi les utilisateurs de la version test de son service, les témoignages d’intérêt se focalisaient sur la constitution d’un dossier de location d’un logement. «Il faut bien reconnaître que pour une personne gagnant 2800 euros par mois, il est rageant de ne pas pouvoir décrocher un appartement affiché à 1000 euros par mois, alors qu’on en a les moyens», explique-t-il.

Alors que fabriquer de la fausse monnaie est un délit ou un crime sévèrement puni, il n’y a pas véritablement de «fausses» fiches de paie, ce qui est répréhensible c’est simplement de se prévaloir d’un salaire que l’on ne touche pas. D’ailleurs Ludovic Buzaglo espère même éditer de «vraies» fiche de paie pour le compte d’entreprise. Selon lui, son service couvre aujourd’hui les fiches de paie de 7 conventions collectives, de quoi toucher potentiellement 6 à 7 millions de salariés.

Pour sa première année, le site espère toucher 100.000 clients pour ce fameux usage «récréatif». De quoi donner quelques sueurs froides à certains propriétaires. Même sur Internet, le site semble s’être fait des ennemis. Sitôt lancé, il s’est retrouvé hors service, vraisemblablement victime de pirates informatique. Mais la direction promet d’y remédier au cours de la semaine afin de pouvoir distribuer ses «carottes». Le site a en effet choisi ce nom car entre le bâton et la carotte, il estime proposer la seconde. Mais pour beaucoup, parmi les plus jeunes notamment, le légume orange évoque aussi l’expression: «se faire carotte», à savoir «se faire arnaquer».

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  • M3404561 le lundi 29 juin 2015 à 16:58

    A uma31Sauf qu'il est interdit au propriétaire de faire des vérifications sur l'authenticité des documents (fiches de paie, assurances ..) car ce serait du harcèlement !

  • uma31 le lundi 29 juin 2015 à 10:26

    Il suffit juste de demander à l'entreprise censée avoir émis la fiche de paye d'en valider l'authenticité... ET là, si c'est un faux, l'employeur ne se privera pas de demander des comptes à son salarié...

  • frk987 le lundi 29 juin 2015 à 08:08

    Avec le bidouillage numérique, même pas la peine...1h sur un PC et n'importe qui sort une vraie fausse fiche de paye.....pas la peine de payer 19,90 euros !!!!