Un ex-espion argentin mêlé à l'affaire Nisman reste introuvable

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BUENOS AIRES, 6 février (Reuters) - Un ancien responsable des services secrets argentins que les enquêteurs travaillant sur le décès mystérieux du procureur Alberto Nisman voulaient interroger jeudi n'a pas répondu à sa convocation. Antonio Stiusso, qui dirigeait le contre-espionnage jusqu'en décembre, est soupçonné d'avoir manipulé le procureur Nisman qui enquêtait sur l'attentat de 1994 contre un centre de la communauté juive de Buenos Aires Le magistrat a été retrouvé mort d'une balle dans la tête le 18 janvier dernier dans son appartement, quelques jours après avoir mis en cause la présidente argentine Cristina Fernández et quelques heures avant d'être auditionné par une commission parlementaire. Les enquêteurs ont trouvé porte close aux trois domiciles connus de l'ex-maître espion, considéré comme l'un des agents les plus puissants du Secretaría de Inteligencia (SI, les services secrets argentins). Son avocat, Santiago Blanco Bermudez, a déclaré de son côté qu'il pensait que son client était toujours en Argentine mais qu'il n'en avait pas la preuve. Le procureur Nisman était arrivé à la conclusion que la présidente argentine avait essayé de couvrir des Iraniens soupçonnés d'implication dans l'attentat qui a fait 85 morts en juillet 1994 au siège de l'Association mutuelle israélite d'Argentine (AMIA). La présidente Fernandez a jugé ces accusations "absurdes" tandis que son gouvernement estimait que les allégations du magistrat de même que sa mort sont liées à des règlements de comptes au sein de la communauté du renseignement et au remaniement de la hiérarchie du SI intervenu en décembre dernier. "Il ne fait aucun doute pour moi que Stiusso est derrière tout ceci, après la décision de le limoger du SI", a déclaré mardi sur Twitter le chef de cabinet de la présidence, Anibal Fernandez. Stiusso, entré dans les services secrets sous la dictature et resté en place après le rétablissement de la démocratie en 1983, aurait induit en erreur le procureur Nisman et orienté ses recherches pour mettre en cause la présidente Fernandez, poursuivent des responsables gouvernementaux. (Maximiliano Rizzi et Sarah Marsh; Henri-Pierre André pour le service français)

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