Un ex-cadre d'Areva blanchi dans une affaire d'espionnage

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UN EX-CADRE D'AREVA BLANCHI DANS UNE AFFAIRE D'ESPIONNAGE
UN EX-CADRE D'AREVA BLANCHI DANS UNE AFFAIRE D'ESPIONNAGE

PARIS (Reuters) - Le tribunal correctionnel de Paris a blanchi vendredi l'ex-directeur des activités minières d'Areva, accusé par le mari de l'ancienne patronne du groupe, Anne Lauvergeon, d'avoir demandé des renseignements sur sa vie privée en marge d'un rapport sur le rachat d'Uramin pour la déstabiliser.

Sébastien de Montessus avait commandé début 2011 un rapport sur les conditions d'acquisition d'Uramin, société minière canadienne dont le rachat en 2007 avait tourné au fiasco financier et fait aujourd'hui l'objet d'une enquête préliminaire.

Ce rapport, adressé sous pli anonyme à l'ex-patronne d'Areva Anne Lauvergeon ainsi qu'à son mari, Olivier Fric, contenait des recherches très détaillées sur ce dernier, notamment les listings de ses communications téléphoniques.

Pour Olivier Fric, pas de doute, la demande d'espionnage le concernant "ne pouvait provenir que d'Areva" et visait à le "piéger" afin de faire "tomber" sa femme.

Il avait donc cité à comparaître le commanditaire du rapport, Sébastien de Montessus, que le parquet n'avait, lui, pas jugé bon de poursuivre faute de preuves.

"Le tribunal décide d'écarter totalement l'argumentation de Madame Lauvergeon et de Monsieur Fric qui était de dire que c'était une opération menée à leur encontre à des fins personnelles", a dit vendredi à la presse l'avocat de l'ancien cadre d'Areva, Me Patrick Maisonneuve.

"Monsieur de Montessus est totalement mis hors de cause dans cette affaire", a-t-il ajouté.

Le tribunal correctionnel de Paris a estimé qu'il n'y avait pas de preuve qu'il avait donné l'instruction d'enquêter sur Olivier Fric, ni même qu'il avait fourni son nom à Alp Services, la société d'intelligence économique suisse engagée pour écrire le rapport sur Uramin.

"C'est la génération spontanée, le nom de Monsieur Olivier Fric est tombé de la lune, personne ne l'a donné", a réagi Me Jean-Pierre Versini-Campinchi, avocat du mari d'Anne Lauvergeon.

Mario Brero, patron de la compagnie suisse Alp Services, a été quant à lui reconnu coupable de complicité et recel de violation du secret professionnel pour avoir sollicité les "fadettes", les factures téléphoniques détaillées, d'Olivier Fric.

Mais le tribunal a dispensé de peine celui qui avait reconnu à l'audience "quelques petits écarts" dans son enquête. Le parquet, qui était à l'origine des poursuites le concernant, avait requis sa condamnation à une amende sans en définir le montant.

(Chine Labbé, édité par Yves Clarisse)

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