"Un Everest de folie meurtrière" à Marseille, dit le procureur

le
0
    * Quatre morts en moins de 48 heures 
    * Des règlements de comptes liés au trafic de drogue 
    * "Nous n'avons jamais déjoué autant d'assassinats" 
 
    MARSEILLE, 4 avril (Reuters) - Le procureur de la République 
de Marseille a déploré lundi un "Everest de folie meurtrière" 
lors une conférence de presse organisée après deux fusillades 
qui ont fait quatre morts en moins de 48 heures dans deux cités 
des quartiers Nord. 
    Ces règlements de comptes ont fait au moins une victime 
collatérale, un jeune homme de 21 ans inconnu des services de 
police, tué samedi soir alors qu'il regardait un match de 
football dans une épicerie des quartiers Nord où a eu lieu la 
première des deux fusillades. 
    "Nous sommes actuellement face à ce que j'appelle un Everest 
de folie meurtrière qui nous conduit à maintenir le cap sans 
faiblir un seul instant", a déclaré Brice Robin. 
    "Tirer à l'arme automatique à l'intérieur d'une supérette où 
une quinzaine de jeunes regardent un match de foot à la 
télévision relève, selon moi, d'une folie meurtrière 
inadmissible et d'une lâcheté ignoble qui interpellent sur 
l'état d'inhumanité de ses auteurs", a ajouté le procureur. 
    Trois hommes ont été tués samedi soir dans une épicerie de 
nuit de la cité Bassens, dans le XVe arrondissement de 
Marseille, et un homme d'une cinquantaine d'années a été abattu 
lundi en fin de matinée dans la cité La Paternelle toute proche, 
dans le XIVe arrondissement.   et   
    "Nous déjouons des assassinats et nous n'en avons jamais 
déjoué autant mais, malheureusement, cela n'empêche pas 
l'augmentation de ces règlements de comptes depuis le début de 
l'année 2016", a reconnu Brice Robin. 
    Les enquêteurs privilégient en général la piste de rivalités 
pour le contrôle du trafic de stupéfiants pour expliquer ces 
règlements de comptes qui ont déjà fait onze morts depuis le 
début de l'année dans l'agglomération marseillaise. 
     
    "NUMÉRO UN" 
    "Avoir entre 20 et 24 faits tentés ou commis chacune de ces 
dernières années dans le département des Bouches-du-Rhône est un 
chiffre important. On est malheureusement numéro un du 
classement sur cette thématique", a reconnu Eric Arella, 
Directeur Interrégional de la Police Judiciaire de Marseille. 
    La police marseillaise expérimente depuis 2015 une méthode 
de "pilotage renforcé du trafic de stupéfiant" qui vise à 
coordonner l'action du SRPJ et de la Sûreté urbaine de 
Marseille.  
    Les enquêteurs se concentrent notamment sur la guerre de 
territoire que se livrent quatre groupes rivaux pour le contrôle 
du trafic de stupéfiants dans les quartiers Nord. 
    "Notre taux de résolution était l'an dernier de 52%, un 
chiffre très au-dessus de la moyenne nationale. Nous avons pu 
empêcher quatre règlements de comptes ces dernières semaines", a 
poursuivi Eric Arella. 
    Les opérations de police régulières dans les cités des 
quartiers Nord, classés Zone de sécurité prioritaire par le 
ministère de l'Intérieur, peuvent également perturber 
l'équilibre entre trafiquants. 
    "Les résultats que nous obtenons déstabilisent les 
territoires, ils créent des vides, ils suscitent des 
convoitises, ils peuvent aussi expliquer la commission de ces 
règlements de comptes", avait déclaré dimanche à la presse 
Laurent Nunez, préfet de police de Marseille. 
    Selon le préfet de police, 28 réseaux ont été démantelés 
dans la ville depuis début 2015 et 230 kilos de cannabis, 11 kg 
de cocaïne ainsi que 1,3 millions d'euros ont été saisis. 
Quatre-vingt-deux trafiquants présumés ont été écroués. 
   
 
 (Marc Leras, édité par Simon Carraud) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant