Un Eurogroupe a minima

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Un Eurogroupe a minima
Un Eurogroupe a minima

par Robin Emmott et John O'Donnell

BRUXELLES (Reuters) - Un agenda surchargé, des dossiers très techniques et des dissensions au sein des 17 de la zone euro rendent très improbables des décisions spectaculaires lors de la réunion de l'Eurogroupe, lundi, estiment des responsables européens.

Les ministres des Finances de la zone euro doivent mettre en musique les décisions prises lors du Conseil européen des 28 et 29 juin à Bruxelles pour tenter de trouver une solution durable à la crise financière européenne.

Ce sommet a notamment abouti à un accord de principe sur la mise sur pied d'une supervision commune des banques de la zone euro, condition préalable à une recapitalisation directe des banques via le futur Mécanisme européen de stabilité (MES).

Cette avancée trouverait dans un premier temps à se matérialiser avec l'Espagne et Chypre, pays qui ont sollicité l'aide de leurs partenaires de la zone euro pour recapitaliser leur secteur bancaire, deux dossiers figurant désormais au menu de l'Eurogroupe.

Mais, pour ce qui concerne les banques espagnoles, il n'y aura pas de décision concrète faute d'avoir reçu le rapport des émissaires de la "troïka", a fait savoir le ministère allemand des Finances vendredi.

Les 17 veulent également user du MES, et avant lui de son prédécesseur le FESF (Fonds européen de stabilité financière), pour stabiliser les conditions d'emprunt des pays membres, en intervenant directement sur les marchés, l'Espagne et l'Italie étant concernées au premier chef.

Depuis lors, la Finlande et les Pays-Bas ont contesté la capacité du MES à acheter de la dette directement sur le marché secondaire.

Une opposition plus théorique que pratique toutefois car le traité gouvernant le MES autorise en cas d'urgence la prise de décision à une majorité de 85%. Pays-Bas et Finlande ensemble ne représentent que 8%.

L'Espagne a demandé une dérogation au statut de créancier privilégié du MES dans le cadre de l'aide qui serait versée pour son secteur bancaire. La chancelière allemande Angela Merkel a bien signifié que cette exception ne devait pas devenir la règle.

"On a un problème finlandais, un problème néerlandais et aussi un problème allemand", a résumé de son côté un diplomate de la zone euro.

LA POLITIQUE REND LES DISCUSSIONS COMPLEXES

Sur toutes ces initiatives issues du sommet européen -supervision commune et recapitalisation directe des banques, interventions des fonds d'aide sur les marchés de la dette primaire et secondaire- il ne faut pas s'attendre à un passage à l'acte de l'Eurogroupe dès lundi.

"Ils (les ministres des Finances de la zone euro) travailleront sur ces dossiers jusqu'à fin juillet, début août", fait valoir le même diplomate.

Le Conseil européen des 28 et 29 juin demandait à l'Eurogroupe de mettre en oeuvre les décisions prises "pour le 9 juillet au plus tard".

Cette date ne semble plus d'actualité. Après l'euphorie qui a accueilli l'accord du 29 juin, l'avis général est que l'essentiel reste à faire, au risque d'éprouver un peu plus la patience des marchés.

Sur la question de la supervision bancaire unique, les nouvelles prérogatives dont héritera la Banque centrale européenne (BCE), et dont le périmètre reste à définir, doivent être inscrites dans le droit européen.

Il incombe à la Commission européenne de proposer la législation afférente, ce qui ne doit pas arriver avant septembre au plus tôt.

"Il faudra attendre jusqu'au premier semestre l'an prochain, au moins, pour que ce soit mis en place", observe Douglas Renwick, l'un des responsables des notes souveraines de l'agence de notation Fitch.

Quant au MES lui-même et à ses attributions, "la discussion est rendue complexe par les responsables politiques qui s'adressent à leur électorat", observe un autre haut fonctionnaire européen. "Mais je pense qu'il existe un consensus pour aller de l'avant avec ce qui a été décidé lors du sommet."

L'Eurogroupe doit enfin examiner s'il y a lieu d'assouplir les modalités du deuxième programme d'aide internationale dédié à la Grèce.

Les ministres discuteront des conclusions de la troïka (UE, FMI, BCE) dressées à l'issue de sa première mission en Grèce depuis les élections du 17 juin. Une nouvelle mission doit se rendre à Athènes en juillet.

"Même si le second programme, tel qu'il est, était totalement appliqué, il n'est pas certain que le retour au marché se fasse (en 2015)", estime David Mackie, économiste de JP Morgan. "En tout état de cause, un troisième programme (d'aide) semble probable".

Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Emmanuel Jarry

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  • c.tardo1 le lundi 9 juil 2012 à 09:02

    Jep02 : et aussi un gros problème politique car la peur de ne pas satisfaire les exigences divergentes de chacun d'entre nous paralyse nos politiques. IL serait temps que chacun d'entre nous comprenne qu'il y va de notre survie, alors, on pourra avancer. La révolution sociale ne doit pas concernée le maintien de chacun dans la paupérisation.

  • jep02 le lundi 9 juil 2012 à 07:49

    "On a un problème finlandais, un problème néerlandais et aussi un problème allemand", a résumé de son côté un diplomate de la zone euro."Il serait plus juste de dire qu'on a un problème espagnol, portugais, chypriote, grec, italien, ....., puis français, ....