Un Euro 2016 en béton ?

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Un Euro 2016 en béton ?
Un Euro 2016 en béton ?

Mercredi dernier, la billetterie de l'Euro a été ouverte. Une nouvelle quelque peu éclipsée par les secousses sismiques du FIFAgate et surtout le périple aérien et familial de notre Premier ministre entre Poitiers et Berlin. Mais promis, ce ne sont certainement pas ces vagues considérations mesquines et secondaires qui vont venir gâcher la belle fête promise à la France par son fils prodigue, notre héros national Michel Platini, en passe de sauver le foot mondial et le quinquennat de Hollande. Pourtant, le souvenir de 1998, liesse républicaine réconciliatrice et communion disco gay-friendly à la clé, peut difficilement dissimuler à quel point nous avons changé d'époque. L'Hexagone vit plus à l'heure des comptes que des lendemains qui chantent. Surtout avec David Guetta pour composer l'hymne de la compétition....

L'histoire a bon dos. Et les parallèles douteux aussi. Avant d'aller creuser du côté de 98, il serait déjà plus judicieux de remonter en 1984. Une France " socialiste " qui doute, une économie patraque qui ne digère toujours pas la crise, un chômage anxiogène, un déclin jugé irréversible. Sans oublier que l'équipe de France traîne encore sa gueule de bois post-Séville 82 et qu'elle s'est même pris une branlée amicale - un match au profit de l'UNFP, il fallait bien recourir aux bonnes œuvres en ces temps de disette - par la Pologne au parc des Princes, un petit 4-O. La victoire n'en sera, de ce point de vue, que plus jouissive deux ans plus tard. Mais, à ceux qui misent sur un dynamisme post-triomphe sportif, les leçons de cette glorieuse épopée qui accrocha le premier titre international au palmarès tricolore, devraient conduire à un peu plus de prudence dans les promesses vite balancées devant les micros. Malgré une organisation sans faille, un réel engouement populaire – un Vélodrome en feu notamment - et un scénario idéal pour les Bleus, avec juste ce qu'il faut de suspense en demies contre le Portugal, un mois à peine après la finale, Laurent Fabius récupère le poste de Premier ministre, imposant le tournant "droitier" de la rigueur. La branlée du PS en 86 démontra qu'on ne sauve pas un bilan avec une coupe. Coté symbolique, c'est guère mieux, le FN entre à l'Assemblée nationale. Niveau porte-monnaie, la situation ne s'embellit guère, et le redémarrage ne sera pas franchement au rendez-vous. François Hollande aurait bon goût de méditer cette leçon, y compris en cas d'une fort improbable réussite de nos joueurs. Au fur et à mesure que la date fatidique approche, les risques se révèlent finalement plus grands pour lui que les opportunités d'en tirer profit. En obtenant l'organisation de l'événement, la droite lui a peut-être même tiré, sans le savoir, une balle dans le pied. Au même titre que l'amour du Barça vient de faire trébucher un Manuel Valls sûr de lui et dominateur, la foi toute enfantine de notre président dans la beauté du football peut le faire chuter. Si cela est encore possible de descendre plus bas, bien entendu.

Adrénaline financière


Naturellement, tous les promoteurs et défenseurs de cette grande messe de l'UEFA qu'est l'Euro 2016 mettront en avant les effets attendus. L'ampleur d'un Euro en 2016 n'a plus rien de commun avec les aimables tournois des années…


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