Un élu du Likoud sur l'esplanade des Mosquées

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JERUSALEM, 2 novembre (Reuters) - Moshe Feiglin, député du Likoud qui milite pour que les juifs soient autorisés à prier sur le site de l'esplanade des Mosquées, s'y est rendu dimanche au lendemain de l'appel à la retenue lancé par le Premier ministre, Benjamin Netanyahu. Fermé aux non-musulmans après l'agression d'un membre du même mouvement mercredi soir, ce site de Jérusalem-Est leur a été de nouveau rendu accessible dimanche. Moshé Feiglin, qui y a passé une heure, s'est recueilli à côté d'un musulman en prière et a posé pour les photographes devant le Dôme du Rocher, édifice érigé sur les lieux d'où, selon la tradition musulmane, Mahomet est monté au paradis. "Allahou akbar ! (Dieu est le plus grand !)", ont crié des fidèles lorsqu'il s'est retiré sous escorte policière. "Il est très facile d'attiser les tensions religieuses. C'est beaucoup plus difficile d'éteindre les incendies", a souligné le chef du gouvernement israélien en conseil des ministres. "Ce dont nous avons besoin, c'est d'apaiser les tensions", a-t-il poursuivi, ajoutant avoir évoqué le sujet avec le secrétaire d'Etat américain, John Kerry. Le site au coeur de ces tensions est le théâtre d'affrontements quotidiens qui font craindre une nouvelle intifada. Côté palestinien, on soupçonne l'Etat hébreu de vouloir en modifier le statut. L'esplanade des Mosquées, troisième lieu saint de l'islam, est administré par les autorités religieuses jordaniennes. Les juifs, qui l'appellent Mont du Temple et situent le Temple de Salomon détruit par les armées romaines en 70, peuvent s'y rendre mais n'ont pas le droit d'y prier. Benjamin Netanyahu a nié vouloir en changer le statut, malgré les revendications du mouvement de Moshé Feiglin. Yehuda Glick, autre membre éminent du mouvement, a été blessé par balles mercredi à Jérusalem. Le lendemain, un palestinien soupçonné de son agression a été tué par les forces de sécurité israéliennes, ce qui a donné lieu à des heurts et à la fermeture totale du site pour la journée. Cette fermeture totale était sans précédent depuis le début de la deuxième intifada, en 2000. Mahmoud Abbas, président de l'Autorité palestinienne, a parlé d'une "déclaration de guerre". (Luke Baker, Jean-Philippe Lefief pour le service français, édité par Marc Angrand)

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