Un duel sur le fil pour la mairie de Toulouse

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UN DUEL SUR LE FIL POUR LA MAIRIE DE TOULOUSE
UN DUEL SUR LE FIL POUR LA MAIRIE DE TOULOUSE

par Guillaume Serries

TOULOUSE (Reuters) - Une compétition serrée s'annonce à Toulouse entre le maire socialiste sortant Pierre Cohen et son prédécesseur UMP Jean-Luc Moudenc, détrôné en 2008 pour 1.209 voix d'écart.

Un sondage Ipsos diffusé le 25 février crédite Pierre Cohen de 51% des voix et son rival de 49% des intentions de vote au second tour dans la quatrième ville de France.

"Ce dernier sondage est le premier qui me met à jeu égal avec Moudenc", tempère Pierre Cohen. "C'est une question de redressement de la part des sondeurs."

Reste que la dynamique électorale est clairement en faveur du chef de l'UMP local. Un sondage paru un mois plus tôt créditait le candidat PS de 55% des suffrages au second tour.

"Je considérais 55% comme irréaliste", souligne Pierre Cohen, qui reconnaît néanmoins que "s'il n'y a pas de mobilisation des forces de gauche au second tour, ça se resserre".

De quoi rejouer le scénario haletant de 2008, quand les socialistes s'étaient imposés sur le fil (50,42%). Une divine surprise après 37 ans d'opposition municipale.

L'appui des écologistes, partis seuls au combat au premier tour, sera donc déterminant pour le second.

Crédités de 7% des intentions de vote au premier tour, ils sont en position de force pour négocier avec le candidat socialiste, dont la liste est déjà le fruit d'un consensus : on y retrouve des membres du PCF et du PRG aux côtés du PS.

"Ils voulaient montrer des divergences en montant leur propre liste", avance Pierre Cohen. "Mais aujourd'hui, les écologistes n'ont rien apporté dans les débats."

Selon le sondage Ipsos, 20% de l'électorat écologiste ne souhaite pas voter socialiste au second tour.

Pierre Cohen, dont le mandat a été marqué en 2012 par la mort de sept personnes à Toulouse et Montauban, dont trois enfants et un enseignant d'une école juive de sa ville, abattues par Mohamed Merah, se veut rassurant.

"S'ils sont de gauche, ils voteront pour nous. S'ils veulent des voitures et de la pollution, ils voteront pour Moudenc. Ils prendront leur responsabilité pour un grand retour vers l'arrière", déclare-t-il.

MOUDENC ET "LA MÉTHODE JUPPÉ"

A droite, Jean-Luc Moudenc espère grappiller quelques voix au second tour, mais sa marge de man?uvre est limitée.

Les projets qu'il a esquissés pendant la campagne - troisième ligne de métro et seconde rocade entre autres -, pourraient cependant séduire les indécis.

Des promesses battues en brèche par Pierre Cohen, qui se pose en maire-bâtisseur, se targuant d'avoir su attirer dans la ville rose l'architecte espagnol Joan Busquets pour rénover un centre-ville désormais largement interdit aux voitures.

Le candidat UMP joue donc la carte régionale, en s'assurant du soutien d'Alain Juppé et en misant sur un renouveau de "l'identité Sud-Ouest" pour retisser des liens aujourd'hui "inexistants" avec la capitale de la Gironde.

"La méthode Juppé a réveillé sa ville. C'est quelque chose dont on pourrait s'inspirer à Toulouse. Ce sont deux villes s?urs, filles de la Garonne", déclare Jean-Luc Moudenc, qui cite notamment l'aéronautique comme pôle d'activité partagé.

Le score du Front National reste une inconnue.

Crédité de 6% dans l'enquête Ipsos, Serge Laroze pourrait bénéficier de l'essor national du parti de Marine Le Pen. Toutefois, son rêve de faire trébucher l'UMP dans une possible triangulaire se heurte à la faible audience du FN sur une terre qui lui a toujours été rétive.

Après un score de 4% en 2001, Serge Laroze avait renoncé à se présenter en 2008.

(Edité par Sophie Louet)

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