Un double attentat à Damas fait au moins 40 morts

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Un double attentat à Damas fait au moins 40 morts
Un double attentat à Damas fait au moins 40 morts

BEYROUTH (Reuters) - Une double explosion a causé la mort d'au moins 40 personnes et fait 170 blessés jeudi matin dans le sud de Damas, rapporte la télévision d'Etat syrienne.

Il s'agit de l'attaque la plus meurtrière dans la capitale syrienne depuis le début de la révolte dans le pays à la mi-mars 2011. Les médias d'Etat ont imputé ces explosions à des "terroristes".

"C'est un nouvel exemple des souffrances du peuple syrien (...)", a déclaré le général Robert Mood, chef de la mission des observateurs de l'Onu qui s'est rendu sur le site et qui a vu son cortège attaqué mercredi dans la province de Deraa.

"Nous le voyons ici à Damas et nous l'avons vu dans d'autres villes et villages du pays (...) J'appelle tout le monde en Syrie et en dehors de Syrie à cesser la violence", a-t-il dit.

Des images de télévision montrent des dizaines de véhicules calcinés, certains contenant des corps déchiquetés ou mutilés.

On pouvait voir un cratère profond de trois mètres au milieu de la rue et un poids lourd renversé, ainsi que deux colonnes de fumée dans le ciel, l'une formant un grand nuage noir. Les murs d'édifices situés des deux côtés de cette large avenue se sont écroulés.

D'après des habitants, les deux explosions, qui ont eu lieu presque simultanément, se sont déroulées peu après 08h00 (05h00 GMT) dans le quartier de Kfar Sousseh, où se trouve le complexe abritant des services de renseignement militaire du régime de Bachar al Assad.

SERVICES DE RENSEIGNEMENT

D'après l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), au moins l'une des deux explosions a été causée par une voiture piégée et la cible était un édifice des services de renseignement.

Les explosions auraient causé peu de dégâts à la façade du bâtiment où se trouve la Branche palestinienne, qui fait partie de la vingtaine d'organisations policières secrètes syriennes et l'une des plus redoutées par la population.

"Est-ce que c'est ça la liberté ?", s'interrogeait un homme marchant au milieu des décombres et des cadavres. "C'est l'oeuvre des Saoudiens", a-t-il ajouté, une allusion à l'Arabie Saoudite qui armerait les rebelles désireux de chasser le président syrien Bachar al Assad du pouvoir.

Nadine Haddan, candidate aux élections législatives de lundi dernier boycottées par l'opposition, a accusé le Premier ministre du Qatar, Cheikh Hamad bin Djassim al Thani, qui a montré son soutien à l'armement des insurgés.

"Je m'adresse à Cheikh Hamad et je dis que vous faites honte. Vous détruisez à présent le peuple syrien, et non le régime. Vous tuez des enfants qui vont à l'école", a-t-elle dit.

Mercredi, le secrétaire général de l'Onu, Ban Ki-moon, s'était inquiété de la multiplication des attentats à la bombe en Syrie, où les violences restent quotidiennes en dépit de la trêve conclue le 12 avril.

Mariam Karouny, Oliver Homes, avec Khaled Yacoub Oweis à Amman, Benjamin Massot pour le service français, édité par Gilles Trequesser

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