Un documentaire retrace l'échec de la quête de Mitt Romney

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LE DOCUMENTAIRE "MITT" RETRACE L'ÉCHEC DE LA QUÊTE DE ROMNEY
LE DOCUMENTAIRE "MITT" RETRACE L'ÉCHEC DE LA QUÊTE DE ROMNEY

par Piya Sinha-Roy

LOS ANGELES (Reuters) - En six ans, Mitt Romney a tenté par deux fois de conquérir la Maison blanche. En 2008, l'aventure s'était achevée dès la primaire républicaine. Quatre ans plus tard, investi par son parti, il a été sèchement battu dans les urnes par Barack Obama après avoir fait jeu égal dans les sondages.

Un documentaire, projeté cette semaine au Sundance Film Festival organisé dans l'Utah, suit ses campagnes et dévoile au passage un aspect étonnant de ce multimillionnaire entré en politique après avoir fait fortune dans le capital-risque: son souci de dépenser le moins possible qui frôle parfois la pingrerie.

"J'ai été surpris qu'un homme aussi riche que lui soit à ce point mesquin", souligne le réalisateur Greg Whiteley, qui évoque à l'envi la réaction de Romney face au prix d'un verre de lait qu'on lui sert un jour dans un hôtel.

"Il a regardé la facture de l'hôtel et il est devenu fou, il disait 'Je vais aller acheter une bouteille de lait dans une épicerie, ça me coûtera trois fois moins cher'", poursuit le documentariste dans un éclat de rire.

Mitt Romney est entré en politique en 2002 après avoir dirigé le fonds d'investissement Bain Capital. Sa fortune est estimée entre 190 et 250 millions de dollars.

Mais l'ancien gouverneur du Massachusetts, au-delà de l'anecdote du verre de lait, n'est pas du genre à dilapider ses richesses. "Il hésitait constamment sur le tarif d'un spot publicitaire de campagne", poursuit le réalisateur de "Mitt".

ACCÈS

Le documentariste a pu glisser sa caméra dans l'intimité du candidat en campagne et de sa famille. Le film débute en 2006, à la veille de Noël, au coin du feu, quand Mitt Romney consulte son épouse Ann et leurs cinq fils sur son envie de se lancer dans la course à la Maison blanche.

En échange de son accès privilégié, Greg Whiteley s'était engagé à ne diffuser aucune image avant la fin de la campagne ou, dans l'éventualité où Mitt Romney l'aurait emporté, avant la fin de son mandat à la Maison blanche.

Mais il a obtenu aussi une totale liberté éditoriale pour son documentaire, qui sera distribué par Netflix, le site de diffusion en streaming, à partir du 24 janvier.

L'idée du réalisateur était de mesurer l'impact d'une campagne sur la famille d'un candidat, quelle que soit son affiliation politique.

"Quand on fait un film sur un candidat à la présidentielle, on court évidemment le risque d'éloigner au moins la moitié du public potentiel. Mais j'ai vraiment le sentiment qu'il ne s'agit pas d'un film sur un programme politique, mais sur une famille et sur un père de famille candidat à la présidence", explique Whiteley.

Les hauts et les bas de la campagne sont à l'écran.

On le voit après son premier débat face à Obama, à Denver, un succès qui lui vaut d'inverser la courbe des sondages. On le suit aussi après son dérapage sur les 47% d'Américains assistés vivant selon lui des prestations sociales de l'Etat dont il dit ne pas avoir à se soucier.

Assez tôt dans le film, un membre de sa famille lui demande comment on écrit un "concession speech", ce discours par lequel un candidat reconnaît sa défaite. Une question qui se répétera dans la nuit du 6 novembre 2012 après sa défaite face à Obama.

Henri-Pierre André pour le service français

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