Un document détaille les règles du FBI pour écouter des journalistes

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    par Dustin Volz 
    WASHINGTON, 1er juillet (Reuters) - Les agents du FBI sont 
autorisés à accéder aux relevés téléphoniques des journalistes 
sur approbation de deux responsables du gouvernement, et sans 
avoir à obtenir un mandat judiciaire, rapporte jeudi le site The 
Intercept, citant un document classé confidentiel. 
    Daté du 16 octobre 2013, ce document publié par le site est 
décrit comme un appendice au Guide des enquêtes intérieures et 
des opérations (DIOG) du FBI. (http://bit.ly/295HIpY) 
  
    Reuters n'a pas été en mesure d'en vérifier l'authenticité. 
    Dans un courrier électronique adressé à Reuters, un 
porte-parole du FBI, Christopher Allen, déclare qu'une "version 
expurgée" du DIOG est disponible sur le site du FBI (http://1.usa.gov/1QleO9n). 
    Mais étant donné que le DIOG régit des opérations et des 
enquêtes délicates, il ne peut être publié dans son intégralité, 
ajoute-t-il. Pour les mêmes raisons, il n'est "pas en position 
de commenter ou d'authentifier toute autre version".      
    Le site The Intercept a été créé en 2014 par le fondateur 
d'eBay Pierre Omidyar. Il compte parmi ses contributeurs Glenn 
Greenwald, Laura Poitras and Jeremy Scahill, qui ont contribué à 
rendre publiques les révélations de l'affaire Edward Snowden sur 
des programmes de surveillance de masse américains et 
britanniques. 
    Selon la publication, l'aval du conseiller général du FBI et 
du directeur général adjoint de sa branche de sécurité 
nationale, en plus de la chaîne hiérarchique normale, suffit 
pour espionner les données téléphoniques de journalistes. 
    Un agent du FBI peut alors ordonner à un fournisseur d'accès 
de lui communiquer les données téléphoniques. Le plus souvent, 
la procédure, dite "lettre de sécurité nationale", est assortie 
d'une obligation de confidentialité: les cibles ignorent le plus 
souvent qu'elles font l'objet d'une surveillance. 
    Plusieurs propositions à l'étude au Congrès américain se 
montrent favorables à l'expansion de ce type de procédures. Les 
défenseurs des libertés individuelles jugent au contraire 
qu'elles sont utilisées trop fréquemment, échappent à la justice 
et manquent d'obligations en terme de transparence. 
    L'Union européenne et les Etats-Unis se sont mis d'accord la 
semaine dernière sur les modifications à apporter à un accord 
conclu en février sur le transfert de données, qui consacrent un 
encadrement plus strict des entreprises détenant des 
informations sur des citoyens européennes et des procédures de 
surveillance exercées par les Etats-Unis.   
 
 (Julie Carriat pour le service français, édité par Henri-Pierre 
André) 
 
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