Un deuxième ministre de Temer rattrapé par un scandale au Brésil

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    par Anthony Boadle et Lisandra Paraguassu 
    BRASILIA, 30 mai (Reuters) - Le ministre chargé de la lutte 
contre la corruption du nouveau gouvernement brésilien a dû se 
défendre à son tour lundi d'implication dans un scandale de 
corruption qui ébranle le pays depuis des mois.  
    Fabiano Silveira, ministre de la Transparence, est le 
deuxième membre de l'administration du président intérimaire 
Michel Temer à faire l'objet de soupçons. Plusieurs centaines 
d'employés de son ministère lui ont interdit lundi l'accès au 
bâtiment puis ont défilé en direction du palais présidentiel 
pour réclamer son départ. 
    La semaine dernière, Romero Juca, sénateur nommé ministre de 
la Planification dans le gouvernement intérimaire, avait déjà 
été contraint à la démission. 
    Michel Temer, vice-président centriste membre du Parti du 
mouvement démocratique brésilien (PMDB), a accédé à la 
présidence le 12 mai dernier lorsque les sénateurs ont voté la 
suspension de Dilma Rousseff. 
    Ecartée le temps de son procès instruit au Sénat, la 
présidente suspendue, qui risque une destitution définitive, est 
accusée d'avoir truqué les comptes publics pour favoriser sa 
réélection en 2014.  
    Rousseff et ses partisans dénoncent en retour un coup d'Etat 
et affirment que toute la procédure de destitution vise à 
étouffer une vaste affaire de corruption impliquant des 
entreprises du BTP, des partis politiques et la compagnie 
pétrolière Petrobras, dont le directeur général, Aldemir 
Bendine, a présenté lundi sa démission.   
    Michel Temer s'en défend. Mais les révélations accablant son 
ministre de la Transparence, une semaine après la démission de 
son ministre de la Planification, noircissent le tableau et 
donnent des arguments aux pro-Rousseff, pour lesquels 
l'administration intérimaire n'a pas de légitimité. 
     
    OPERAÇÃO LAVA JATO 
    Les accusations portées contre le ministre de la 
Transparence découlent de conversations enregistrées à son insu 
il y a plus de trois mois et révélées dimanche soir par la 
chaîne de télévision Globo. 
    On y entend Fabiano Silveira critiquer les procureurs 
chargés de l'enquête sur l'existence de ce vaste réseau de 
surfacturations et de corruption autour de Petrobras et 
expliquer au président du Sénat, Renan Calheiros, comment se 
défendre au mieux. 
    D'après Globo TV, d'autres enregistrements suggèrent que le 
ministre a tenté à plusieurs reprises d'obtenir des procureurs 
des informations sur le déroulement de leur enquête et en aurait 
fait part à Calheiros. Silveira était alors conseiller du 
Conseil de justice nationale, chargé de superviser le 
fonctionnement de la justice brésilienne. 
    Un porte-parole du ministre a confirmé la réalité de ces 
conversations mais a assuré que les extraits avaient été sortis 
de leur contexte. De source gouvernementale, on indique que 
Silveira restera en fonction. 
    L'enquête sur l'opération "Lavage express" (Operação Lava 
Jato), ouverte il y a deux ans, a déjà conduit à l'inculpation 
de plusieurs dizaines de cadres d'entreprises. Des dizaines de 
responsables politiques, dont plusieurs membres du PMDB de 
Michel Temer et du Parti des travailleurs (PT) de Dilma Rousseff 
font l'objet d'investigations. 
    Le scandale porte sur un système complexe de surfacturations 
et de dessous-de-table dans le cadre de marchés publics passés 
par la compagnie pétrolière Petrobras. 
 
 (Henri-Pierre André pour le service français) 
 
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