Un destin portugais

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La Selecçao est en finale d'un championnat d'Europe qu'il aurait pu quitter dès le premier tour et où il n'a jamais vraiment brillé. Alors on peut critiquer, regretter que qu'une autre sélection ne soit pas à sa place, on peut aussi juste être content pour tout un pays. Et si le Portugal avait enfin rendez-vous avec son destin dimanche à Saint-Denis?

C'est l'histoire d'un petit pays périphérique de l'ouest de l'Europe de 10 millions d'habitants, un pays dont les journaux et les chaînes d'infos ne parlent pas souvent. C'est vrai, il suffit de demander au correspondant en Espagne d'y faire un tour si jamais un événement notable se passe. Pas de conflits, pas de terrorisme, un président dont on ne connaît même pas le nom (mais comme il paraît que le vrai patron est le Premier ministre), quelques cinéastes pour des salles d'Odéon et Saint-Germain, des belles plages, un fiscalité sympa pour les retraités, une nourriture agréable et bon marché si on tolère bien l'huile d'olive, des ponts qui portent le nom de navigateurs, une capitale où tous vos amis sont allés forcément l'été dernier ("quoi, tu n'es pas allé à Lisbonne ? Mais c'est beaucoup plus authentique que Barcelone"). C'est l'histoire d'un pays dont une génération a découvert la crise, le chômage et qu'un ancien Premier ministre (de centre droit) a dit d'aller voir si l'herbe était plus verte ailleurs. Alors comme il ne peut plus découvrir des terres inconnues, conquérir la moitié du monde, qu'il n'a plus d'œillet à mettre au bout des fusils de ses soldats, ce pays a trouvé le foot pour faire parler de lui, pour se raconter une histoire à lui-même.

Première défaite contre l'Albanie, à la maison


Ce jeudi matin, il s'est même réveillé dans la peau du premier finaliste de ce championnat d'Europe. A vrai dire, il se pince un peu pour y croire. L'optimisme n'a jamais été son point fort, il a même inventé ce joli mot fourre-tout de saudade pour expliquer cet attrait irrésistible pour la mélancolie. Que pouvait-il attendre d'une équipe qui débute ses éliminatoires par une défaite à la maison contre l'Albanie ? Au moins, il a eu la bonne idée de changer de sélectionneur. Avec ses valises sous les yeux et ses airs de personnage résigné à sortir d'un roman de Lobo-Antunes, ce Fernando Santos attire la confiance. On sent l'homme revenu de toutes les illusions, mais un type fiable un peu roublard sur les bords et dont le petit pays se dit qu'il doit forcément avoir un plan en tête sans en être trop sûr non plus. Parce qu'une équipe qui en prend trois contre la Hongrie, glisse dans la bonne partie de tableau parce qu'un grand blond islandais marque à la…


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