Un des arguments US contre l'Irak mis en doute dès 2003-câble CIA

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WASHINGTON, 12 décembre (Reuters) - Un message de la CIA révélé jeudi montre que les responsables américains du contre-terrorisme n'ont pas vraiment cru à une information selon laquelle un des responsables des attentats du 11 septembre avait rencontré un responsable du renseignement irakien à Prague juste avant les faits, sapant encore un peu plus les arguments présentés à l'époque par le gouvernement Bush pour justifier une intervention en Irak. Ce texte de la CIA est une section récemment déclassifiée d'un télégramme du 11 mars 2003 qui va à l'encontre des déclarations du gouvernement de l'époque selon lesquelles Mohammed Atta et l'agent irakien Ahmad al Anian s'étaient rencontrés dans la capitale tchèque en avril 2001. "Il n'y a pas un expert [du contre terrorisme américain] ou du FBI qui (...) dise avoir des preuves ou "savoir" qu' Atta était bien [à Prague]. En fait, l'analyse est tout à fait à l'opposé", lit-on dans le câble révélé jeudi par le sénateur Carl Levin. Le président républicain George W. Bush et le vice-président Dick Cheney avaient associé l'Irak à Al Qaïda et au terrorisme international, et de façon fausse, avaient dit que ce pays était en possession d'armes de destruction massive (ADM), justifiant ainsi le lancement de la guerre américaine contre l'Irak le 20 mars 2003. Les récents mémoires publiés par Jiri Ruzek, le chef du contre-espionnage tchèque en 2001, décrivent l'histoire de la rencontre de Mohammed Atta à Prague comme une rumeur émanant d'une source unique, indique le sénateur Levin. L'administration Bush aurait ensuite fait pression sur les autorités à Prague pour qu'elles la confirment. Le sénateur appelle le directeur de la CIA John Brennan à publier la totalité du texte de la CIA de mars 2003. (Mark Hosenball; Danielle Rouquié pour le service français)

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