Un des 43 étudiants disparus au Mexique identifié par son ADN

le
0

(Actualisé avec légistes argentins) MEXICO, 7 décembre (Reuters) - Les premières analyses ADN et les éléments recueillis par les enquêteurs tendent à confirmer que les 43 étudiants mexicains enlevés il y a dix semaines dans l'Etat de Guerrero ont été tués et incinérés par des narcotrafiquants, a annoncé dimanche le procureur général de la république. Jesus Murillo a indiqué que le corps d'un des étudiants portés disparus avait été identifié par des experts autrichiens, confirmant une information obtenue samedi soir de source proche de l'enquête. "Cette preuve scientifique confirme que les restes découverts sur les lieux coïncident avec les éléments recueillis par les enquêteurs. Nous poursuivrons l'enquête tant que tous les coupables n'auront pas été arrêtés", a-t-il dit à la presse. Les 43 élèves-professeurs ont disparu le 26 septembre à Iguala dans l'Etat de Guerrero après une manifestation qui a donné lieu à des affrontements avec les forces de l'ordre. Des policiers corrompus les ont ensuite livrés à des narcotrafiquants qui les ont assassinés, selon le procureur général. Les conclusions des légistes autrichiens renforcent la thèse selon laquelle les corps des étudiants auraient été ensuite brûlés et jetés dans une décharge et dans une rivière. Des experts argentins collaborent également à l'enquête. Selon ces derniers, les éléments recueillis jusqu'ici ne permettent pas de faire le lien entre les restes découverts dans la rivière et le site présumé du massacre, une décharge de Cocula. "Jusqu'ici, le lien entre les deux sites repose essentiellement sur les dépositions de témoins. La recherche des disparus doit se poursuivre", disent-ils dans un communiqué, soulignant que l'équipe n'était pas présente quand les restes ont été découverts. L'affaire a suscité l'indignation dans tout le pays, où la guerre des gangs, l'impunité et la corruption font des ravages depuis des années. Elle constitue une crise sans précédent pour le président Enrique Pena Nieto, dont l'administration a été mise en cause pour sa gestion de l'enquête. Le procureur général Murillo a précisé que 80 personnes avaient d'ores et déjà été arrêtées, dont le maire d'Iguala et son épouse qui sont accusés d'avoir ordonné à la police d'intervenir contre les étudiants. D'autres interpellations devraient suivre. Les enquêteurs sont notamment sur la trace de 16 policiers en fuite. "Nous savons désormais que ce sont nos enfants. Tout ce que nous pouvons espérer maintenant, c'est que justice soit faite et que le gouvernement punisse les responsables", a déclaré Nardo Flores, le père d'un autre disparu, joint par Reuters. L'affaire a donné lieu à des manifestations parfois violentes dans tout le Mexique, où la guerre des gangs a fait plus de 100.000 morts depuis 2007. Le dernier rassemblement a eu lieu samedi à Mexico. "Ils ont été pris vivants, nous les voulons vivants !", ont scandé les manifestants, qui refusaient de croire à leur exécution. (Michael O'Boyle et Simon Gardner; Jean-Philippe Lefief et Henri-Pierre André pour le service français)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant