Un dernier coup pour les Braqueuses ?

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Un dernier coup pour les Braqueuses ?
Un dernier coup pour les Braqueuses ?

Les Bleues sur un nuage. Qualifiées pour la finale des Jeux Olympiques suite à leur succès convaincant contre la Russie jeudi (81-64), les joueuses de l?équipe de France n?en reviennent toujours pas. Réunies depuis le 10 mai, avec un stage à Bourges, passées par un tournoi de qualification à Ankara, elles sont assurées de rentrer à la maison avec une médaille. Une première dans l?histoire du sport collectif féminin français et une belle histoire pour les filles de Pierre Vincent. « Je disais il y a deux jours à Caps (ndlr : le surnom de Céline Dumerc) qu'un pseudo romancier qui était payé pour écrire un petit roman à l'eau de rose n'oserait pas raconter une histoire pareille avec tous ces dénouements, sourit Florence Lepron dans des propos rapportés à l?Agence France Presse. Et en fait ça arrive, donc c'est juste énorme. » Invaincues depuis le début de la compétition, les partenaires de Sandrine Gruda ont impressionné face aux Russes. Championnes d?Europe en titre, elles ont semblé impuissantes devant des Bleues en pleine confiance et au jeu collectif huilé. En réussite au tir et intraitables en défense, elles n?ont laissé aucune chance à une équipe qu?elles avaient déjà étouffé quatre jours plus tôt (65-54).

Moins dominatrices sur certaines rencontres, elles ont aussi démontré des qualités morales énormes pour se hisser jusqu?en finale. Elles ont notamment su se relever de l?égalisation au buzzer de l?Australie au premier tour pour aller chercher la victoire en prolongation (74-70). Elles se sont aussi arrachées pour vaincre la Grande-Bretagne lors de la phase de poules (80-77 ap) ou la République tchèque en quarts de finale (71-68). Un parcours chaotique qui a remis au goût du jour leur surnom de « braqueuses », héritée de leur campagne victorieuse à l?Euro 2009. Avec ces scénarios à couper le souffler, des grands sourires devant les médias et une envie de partager avec le public, les Françaises sont aussi rentrés dans le c?ur des Français. Ils étaient 4,8 millions devant leur poste de télévision jeudi durant la deuxième mi-temps contre les Russes. « Que rêver de mieux, souffle Endy Miyem. On a fait rêver les gens, nous-mêmes on s'est fait rêver et on continue de rêver, donc c'est génial. » Arrivées à Londres sur la pointe des pieds, les Bleues ont abordé leurs matchs les uns après les autres et sans le moindre complexe.

Dumerc : « 15% de chances de gagner »

Une recette gagnante. « Il y a un mois et demi, j'avais dit que je m'en foutais du résultat, de la compétition, reconnaît Dumerc. Je n'avais presque pas envie de jouer. Mais une fois qu'on y est, on n'a pas envie de faire semblant. C'est ça qui est dingue. C'est l'événement magique de notre vie et on est en finale. » Les Françaises s?avancent donc vers un ultime défi : vaincre la Team USA pour entrer définitivement dans la légende. Intouchables aux JO depuis 1992, année de leur dernière défaite dans la compétition, les Américaines restent sur quarante victoires de rang. Le challenge semble impossible. Et même les Bleues doutent de leur capacité à réaliser l?exploit. « Pour l'instant, on ne veut pas plus, on rentre dans l'histoire. Je fais partie de douze filles qui participent à la finale olympique. Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise de plus? C'est juste incroyable. » Certes, les Américaines ont maîtrisé leur sujet sur les parquets londoniens. Sept succès en autant de rencontres, avec un écart moyen de 34,1 points par match, elles ont étalé leur supériorité et leur profondeur de banc (douze joueuses sensiblement de même niveau).

Mais pour franchir la montagne, il faudra d?abord y croire. Si les Etats-Unis seront largement favoris, Dumerc attend avec impatience de pouvoir se frotter à la référence mondiale. « Quitte à aller en finale, autant jouer les Etats-Unis. On a peut-être 15% de chances de gagner. Mais on va avoir l'occasion de se confronter à elles et c'est un honneur de jouer la meilleure équipe du monde. On va savoir où notre niveau s'arrête. » Après avoir embêté les USA durant trois quart-temps jeudi (90-73 au final), les Australiennes ont peut-être montré la voie à suivre aux Françaises. Mais la meneuse de Bourges, qui réussit le tournoi de sa vie (15,1pts, 3,4pds), n?y prête pas attention. « On n'a pas besoin de voir les autres pour savoir comment titiller les Etats-Unis. (?) Il faudra qu'on soit dans le même esprit qu'en 2009, qu'on joue avec la "banane". On est capable d'embêter tout le monde, peut-être pas sur quarante minutes, mais on va faire en sorte de les embêter le plus longtemps possible. » « On a tous à coeur de faire une bonne prestation pour ce dernier match (la finale) et d'aller à chercher ce qu'il y a à aller chercher », lâche Miyem. Et si les « Braqueuses » s?offraient l?or comme butin ? Ce serait un dernier coup de maître pour les Bleues.

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