Un Conseil européen maigre sur l'économie, en attendant Juncker

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* Flou sur le plan à 300 milliards d'euros de Juncker * La nouvelle Commission entrera en fonction le 1er novembre * Nouveaux objectifs sur le réchauffement climatique PARIS, 22 octobre (Reuters) - Les chefs d'Etat et de gouvernement européens se pencheront vendredi sur la situation économique en Europe, marquée par un net ralentissement de l'activité, mais il faudra attendre plusieurs semaines pour des annonces concrètes. En ligne de mire, le plan d'investissements de 300 milliards d'euros sur trois ans que Jean-Claude Juncker, président élu de la Commission européenne, présentera "avant Noël". Parallèlement, la France et l'Italie promettent d'accentuer les réformes visant à doper leur croissance, en espérant ainsi éviter un bras de fer avec leurs partenaires lié à leur incapacité à tenir leurs engagements budgétaires. Après une après-midi consacrée jeudi au changement climatique et à la politique énergétique, le Conseil européen abordera vendredi matin les questions économiques. Un déjeuner de travail des chefs d'Etat et de gouvernement de la zone euro consacré à la situation économique aura lieu dans la foulée. L'objectif, explique-t-on à Paris, est d'être en mesure de mettre en oeuvre le plus rapidement possible le plan d'investissements de Jean-Claude Juncker quand il sera présenté. Face à la panne de croissance en Europe, les milieux économiques espèrent des réponses rapides. "Il y a un retournement cyclique en cours et on ignore s'il va perdurer. L'incertitude est de retour", explique à Reuters William De Vijlder, directeur de la recherche économique de BNP Paribas. "Ce qu'il faut à tout prix éviter c'est que dans six mois on parle toujours d'un plan Juncker et que rien ne se soit passé. On a vraiment besoin d'annonces", poursuit-il. Devant les députés européens, Jean-Claude Juncker n'a pas donné mercredi de détail sur son plan, dont certains craignent qu'il soit essentiellement financé en recyclant des programmes existants. URGENCE "Ce programme d'investissement ne peut pas être financé par un endettement supplémentaire", a-t-il cependant précisé, expliquant vouloir miser sur "l'utilisation intelligente de crédits publics" pour stimuler l'investissement privé. "Nous allons vous le présenter avant Noël parce qu'il y a urgence", a-t-il ajouté. La France et l'Allemagne ont quant à elles annoncé lundi qu'elles dévoileraient des projets d'investissements d'ici décembre. Avant l'entrée en fonction de la Commission Juncker le 1er novembre, l'exécutif européen sortant donnera d'ici la fin du mois son avis sur les projets de budgets présentés par les Etats membres de la zone euro. Le cas de la France est le plus délicat. La deuxième économie européenne, qui avait déjà obtenu un délai de deux ans pour ramener son déficit public sous la limite européenne de 3% du PIB, à fin 2015, a repoussé cet objectif à fin 2017, après un dérapage des comptes cette année. La France prévoit désormais que le déficit sera à peine réduit l'an prochain, à 4,3% du PIB après 4,4% fin 2014, et que le déficit structurel (hors effet de la conjoncture) ne sera réduit que de 0,2 point au lieu de 0,8 promis auparavant. L'Allemagne s'est gardée d'entrer en conflit ouvert avec la France sur ce point, se retranchant derrière l'avis que donnera la Commission. Jean-Claude Juncker a quant à lui assuré mercredi qu'il serait en parfait accord avec les conclusions de la précédente Commission. Jeudi, le Conseil européen cherchera un accord sur les objectifs proposés par la Commission pour lutter contre le changement climatique. L'exécutif européen a proposé trois objectifs chiffrés : la réduction de 40% des émissions de gaz à effet de serre en 2030 par rapport aux niveaux de 1990, une proportion d'énergies renouvelables portée à 27% contre 20% en 2020 et 30% d'économies d'énergie en 2030 par rapport à 2007. Le Conseil doit également travailler sur les réponses européennes à l'épidémie de fièvre Ebola et au conflit en Ukraine. (Jean-Baptiste Vey, avec Gilbert Reilhac à Strasbourg, édité par Yves Clarisse)

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