Un commerce allemand flamboyant en 2012, malgré décembre

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LE COMMERCE ALLEMAND FLAMBOYANT EN 2012
LE COMMERCE ALLEMAND FLAMBOYANT EN 2012

par Alexandra Hudson

BERLIN (Reuters) - L'Allemagne a enregistré en 2012 son deuxième meilleur excédent commercial en plus de 60 ans, preuve de la vigueur économique intrinsèque de la première économie européenne, encore qu'exportations et importations se soient révélées décevantes durant le dernier mois de l'année.

Les exportations ont augmenté de 0,3% en décembre, par rapport à novembre, alors qu'une hausse de 1,3% était attendue. Les importations se sont contractées de 1,3%, au lieu de la hausse de 1,4% anticipée.

Une demande médiocre de la zone euro notamment explique le chiffre médiocre des exportations, celui des importations trouvant sa justification dans le fait que les Allemands hésitent à dépenser, disent des analystes.

Mais ils font valoir aussi qu'il existe des signes encourageants pour l'avenir, en particulier une hausse de 0,8% des commandes à l'industrie en décembre.

"Les importations ont baissé de manière notable en décembre mais ont été plus fortes que les exportations sur l'ensemble du trimestre, ce qui a réellement pesé sur la croissance économique", observe l'économiste Andreas Scheuerle (Deka Bank).

"Cela dit, ça devrait aller mieux. Les indicateurs avancés internationaux se sont singulièrement améliorés et donnent l'espoir que les exportations repartent".

Le PIB allemand s'est contracté de 0,5% au dernier trimestre de 2012, sa plus mauvaise performance trimestrielle depuis la récession qui a accompagné la crise financière de 2008-2009.

La plupart des économistes pensent que le PIB sera à nouveau en croissance, mais modeste, au premier trimestre 2013. De ce fait l'Allemagne échapperait à la récession, définie techniquement comme deux trimestres de contraction successifs.

Mais de sa capacité à croître de manière convaincante dépendra l'aptitude de la zone euro à en finir avec quatre années de crise de la dette et de récession.

"Nous avons traversé une période peu propice aux exportations au second semestre; si nous observons les commandes à l'industrie, on dirait toutefois que nous changeons de cap", observe Jürgen Michels, économiste chez Citigroup.

"Mais même si les dernières commandes industrielles affichent des chiffres positifs provenant de... la zone euro, nous supposons que, pour l'essentiel, la reprise viendra de pays en dehors de la zone euro. La demande est tout particulièrement forte aux Etats-Unis et en Chine mais la vigueur de l'euro a en atténuer l'effet."

PERTE ICI, RÉUSSITE LA-BAS

L'excédent commercial a été de 16,8 milliards d'euros en décembre contre 15,6 milliards - montant revu en hausse - le mois précédent. Le consensus Reuters donnait 14,8 milliards.

Le président de la Banque centrale européenne (BCE) Mario Draghi a quelque peu affaibli l'euro jeudi lorsqu'il a subtilement exprimé une touche d'inquiétude vis-à-vis des retombées d'une monnaie unique forte sur une zone euro qui endure l'impact de sévères mesures d'austérité surtout dans son versant méridional.

Des pays comme l'Espagne ou le Portugal, qui tentent d'être plus compétitifs sur des marchés autres que la zone euro, en ressentent tout particulièrement le poids. Mais certains éléments de la statistique du jour laissent penser qu'ils vendent plus à l'Allemagne et lui achètent moins.

Les exportations de l'Allemagne vers la zone euro ont diminué de 2,1% en 2012, tandis que ses importations en provenance de l'union monétaire ont augmenté de 0,7%.

Il se peut que cela traduise surtout une demande amoindrie en Espagne et en Italie notamment mais si la tendance se confirme, on pourrait y voir une tentative de résolution d'un problème récurrent de la zone euro, à savoir des Allemands qui vendent plus à l'étranger qu'ils ne dépensent chez eux.

"L'Allemagne a apporté sa contribution au rééquilibrage de la zone euro en 2012 mais elle a comblé une perte inévitable par des réussites ailleurs", dit Christian Schulz (Berenberg Bank).

"Pour les mois à venir et pour 2013, nous anticipons une meilleure demande intérieure et donc une croissance des importations, qui s'appuiera sur un euro fort".

De récentes statistiques ont montré que le secteur privé allemand croissait à un rythme sans précédent depuis juin 2011, que le sentiment des investisseurs s'améliorait sensiblement, tout comme le moral des consommateurs, et que le chômage diminuait.

Pour l'ensemble de 2012, l'excédent commercial totalise 188,1 milliards d'euros, le deuxième plus élevé depuis que la statistique est calculée, soit depuis 1950. Les exportations ont augmenté de 3,4% et les importations de 0,7% l'an passé.

Bureau de Berlin, Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten

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  • marshaka le vendredi 8 fév 2013 à 12:30

    Comme quoi, un Euro fort permet aux allemands d'exporter quand même !