Un clan libanais enlève des Syriens, un Turc et un Saoudien

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BEYROUTH (Reuters) - Un puissant clan libanais chiite a enlevé mercredi un homme d'affaires turc, un Saoudien et plusieurs rebelles syriens en représailles à l'enlèvement d'un de leurs proches par l'Armée syrienne libre (ASL) à Damas.

Selon Maher al Meqdad, membre du clan, plus de 20 Syriens, dont un ancien lieutenant de l'armée de Bachar al Assad qui a fait défection pour rejoindre les rangs de l'opposition, ont été capturés dans la nuit de mardi à mercredi dans une région du Liban contrôlée par le groupe chiite armé Hezbollah.

Les personnes qui n'étaient pas membres de l'ASL ont été relâchées, a-t-il assuré.

"La boule de neige grossira", a-t-il déclaré à l'agence de presse officielle libanaise, mettant en garde "le Qatar, l'Arabie saoudite, la Turquie et leurs ressortissants".

Cette menace apparente d'enlèvements de ressortissants des pays soutenant les rebelles syriens a, semble-t-il, été rapidement mise à exécution. Un ressortissant turc fait partie des otages, a indiqué un diplomate au Liban.

"Il était ici pour affaires, il est arrivé aujourd'hui et a été enlevé à proximité de l'aéroport", a précisé le diplomate, ajoutant que les négociations pour obtenir sa remise en liberté n'avaient pour l'instant guère progressé.

Hatem al Meqdad, l'un des frères de l'homme enlevé à Damas a confirmé la présence d'un ressortissant saoudien parmi les personnes kidnappées par le clan libanais.

L'Arabie saoudite et les Emirats arabes unis ont ordonné mercredi à leurs ressortissants de quitter immédiatement le Liban.

REPRÉSAILLES

La compagnie Air France a dérouté mercredi soir vers la capitale jordanienne Amman l'un de ses vols à destination de Beyrouth, pour des "raisons de sécurité", après l'annonce des enlèvements.

Dans une vidéo d'Al Mayadeen, une station de télévision basée au Liban, deux hommes identifiés comme des membres de l'ASL apparaissent sous la garde d'hommes armés du clan Meqdad, vêtus de treillis verts, le visage masqué et portant des fusils automatiques.

L'un des détenus se présente comme un capitaine du nom de Mohamed, précisant que son rôle consistait à aider au ravitaillement de l'ASL. L'autre homme indique être son assistant.

Le clan réclame la libération d'Hassan al Meqdad enlevé il y a deux jours à Damas par l'ASL qui l'accuse d'avoir été envoyé en Syrie par le Hezbollah libanais, allié d'Assad.

Maher al Meqdad rejette ces accusations, expliquant que Hassan al Meqdad est arrivé en Syrie avant le début du soulèvement contre le régime lancé mi-mars 2011.

"Nous n'avons que faire de ce qui se passe en Syrie. Nous respectons la volonté de démocratie. Nous voulons simplement que notre fils revienne au Liban en toute sécurité", a-t-il ajouté.

Nadjib Mikati, Premier ministre libanais a condamné les enlèvements, jugeant qu'ils rappelaient la guerre civile qui a divisé le pays entre 1975 et 1990.

"Ce n'est pas la bonne manière de résoudre l'enlèvement d'un ressortissant libanais en Syrie", a-t-il déclaré dans un communiqué.

Issam Adbullah et Erika Solomon, Marine Pennetier, Juliette Rabat et Julien Dury pour le service français

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