Un chemin d'accès au site du crash de l'A320 mardi ou mercredi

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BIENTÔT UN CHEMIN POUR ACCÉDER AU SITE DU CRASH DE L'A320 DE GERMANWINGS
BIENTÔT UN CHEMIN POUR ACCÉDER AU SITE DU CRASH DE L'A320 DE GERMANWINGS

MARSEILLE (Reuters) - Les enquêteurs qui travaillent à l'identification des corps des victimes de la catastrophe de l'Airbus A 320 de la compagnie allemande Germanwings espèrent accélérer leur tâche grâce à la construction d'un chemin d'accès au site du crash.

Le lieutenant-colonel Xavier Vialenc, porte-parole de la gendarmerie, a déclaré lundi à Reuters que ce chemin accessible aux véhicules tout-terrain serait achevé mardi ou mercredi en déboisant l'accès et en stabilisant la terre.

"On va gagner du temps", a-t-il dit.

Jusqu'à présent, la quinzaine d'enquêteurs qui travaillent sur le site y descendent par hélitreuillage, les appareils partant de l'aérodrome de Seyne-les-Alpes (Alpes-de-Haute-Provence), à une dizaine de kilomètres de là.

Leur travail est donc dépendant de la météo, souvent changeante en montagne, et les pièces de l'avion les plus importantes sont difficiles à hélitreuiller.

Les enquêteurs ont déjà isolé 78 ADN distincts qui devront être comparés à ceux des familles des victimes pour identification, a rappelé Xavier Vialenc, précisant qu'environ 350 personnes travaillaient sur le terrain dans cette enquête.

Les résultats définitifs de leur travail, qui seront d'abord communiqués aux familles, ne seront connus que dans deux à quatre mois, a indiqué à la presse le colonel François Daoust, directeur de l'Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN), à Pontoise (Val-d'Oise).

Aucune identification n'a été faite à ce jour, et certaines victimes pourraient ne jamais être identifiées en raison de la violence de l'impact, a-t-il souligné à l'occasion d'une visite de l'IRCGN. Quelque 400 échantillons ont déjà été envoyés pour analyse dans ce laboratoire.

La deuxième boîte noire, qui enregistre les paramètres de vol, n'a toujours pas été retrouvée, a indiqué le porte-parole de la gendarmerie.

Le copilote de l'Airbus A320 de la Germanwings, Andreas Lubitz, a volontairement provoqué le crash de l'appareil qui s'est écrasé mardi dans les Alpes françaises avec 150 personnes à son bord, selon les éléments de l'enquête.

INDEMNITÉS

Trois cent vingt-cinq personnes ont été accueillies dans le centre d'assistance mis en place dans un hôtel de Marseille par la Lufthansa et Germanwings pour les familles des victimes, en majorité de nationalités allemande et espagnole.

"Toutes les familles qui ont contacté la compagnie ont été prises en charge pour faciliter leur voyage à Marseille et leur accueil dans ce centre ouvert samedi dans un hôtel de la ville", a dit lundi à la presse le directeur des opérations de la Germanwings, Oliver Walter.

"Cet accueil durera aussi longtemps que nécessaire, sans limite de temps", a-t-il ajouté.

La semaine dernière, trois avions ont été affrétés depuis Barcelone et Düsseldorf. Les membres des familles arrivent désormais sur des vols réguliers.

Quatre-vingt-dix personnes, salariés de la Lufthansa pour l'essentiel, ont été détachées dans ce centre d'assistance, dont 58 sont directement attachées au service des familles.

Les autres s'occupent de l'intendance, qui a été confiée à la société américaine Kenyon, spécialisée dans la logistique de crise.

Le responsable de la Germanwings a confirmé le versement d'une "aide financière rapide" de 50.000 euros à chaque famille de victime. "C'est une aide acquise qui ne vient pas en déduction d'autres indemnités", a-t-il dit.

Andreas Lubitz avait suivi une longue psychothérapie et avait des tendances suicidaires plusieurs années avant d'obtenir sa licence de vol, ont déclaré lundi les services du parquet de Düsseldorf.

Aucun signe ne laissait toutefois penser qu'il pouvait avoir des tendances suicidaires ou agressives depuis lors, a précisé le parquet.

L'hebdomadaire allemand Bild, citant des sources proches de l'enquête ayant eu connaissance du contenu d'une boîte noire, raconte comment le commandant de bord a tenté d'enfoncer la porte du poste de pilotage dont il était sorti.

(Brian Love, avec Jean-François Rosnoblet à Marseille et pool à Pontoise, édité par Yves Clarisse et Chine Labbé)

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