Un chef séparatiste prorusse assassiné dans l'est de l'Ukraine

le
0
    MOSCOU/KIEV, 17 octobre (Reuters) - Un des principaux chefs 
des rebelles séparatistes de l'est de l'Ukraine a été tué 
dimanche soir par l'explosion d'une bombe, ont annoncé lundi ses 
partisans en accusant Kiev d'avoir orchestré cet assassinat pour 
fragiliser le cessez-le-feu. 
    Arseni Pavlov, qui était de nationalité russe et se faisait 
surnommer "Motorola", dirigeait le bataillon rebelle "Sparta" 
qui a notamment participé à la bataille pour le contrôle de 
l'aéroport de Donetsk. 
    Il a été tué, ainsi que son garde du corps, par l'explosion 
d'une bombe dissimulée dans la cage d'ascenseur de l'immeuble 
dans lequel il vivait dans la grande ville du Donbass, a annoncé 
Edouard Bassourine, ministre de la Défense de l'autoproclamée 
république populaire de Donetsk. 
    "La bombe était placée au-dessus de la cabine. L'explosion 
s'est concentrée dans la cabine", a-t-il déclaré à Reuters. 
    "Nous avions été prévenus par nos services de renseignement 
que des groupes subversifs nous avaient été envoyés pour tuer 
des dirigeants militaires et politiques", a ajouté le chef 
séparatiste. 
    Quatre hommes masqués ont revendiqué cette attaque dans une 
vidéo dans laquelle ils posent à côté du drapeau d'un groupe 
néonazi pro-ukrainien. Ils promettent de s'en prendre par la 
suite à Alexandre Zakharchenko, le chef des séparatistes à 
Donetsk, et à Igor Plotnitsky, son pendant à Louhansk, l'autre 
grande ville du Donbass prorusse. 
    Alexandre Zakharchenko a qualifié l'assassinat d'Arseni 
Pavlov de déclaration de guerre et a promis de venger sa mort. 
    Aux yeux des médias pro-Kremlin et des rebelles, Pavlov, né 
en Russie il y a 33 ans, était un héros, tandis que la majorité 
des Ukrainiens le considéraient à l'inverse comme un symbole de 
la barbarie et de l'expansionnisme russe. 
    En 2015, dans une interview téléphonique accordée à un 
journal de Kiev, un homme disant être "Motorola" s'était vanté 
d'avoir assassiné de ses propres mains quinze prisonniers de 
guerre ukrainiens. 
    La porte-parole des services de sécurité ukrainiens n'a pas 
souhaité faire de commentaire sur la mort du chef séparatiste 
mais plusieurs officiels ukrainiens ont laissé entendre qu'il 
pourrait avoir été éliminé par ses "cousins criminels" dans le 
cadre d'un règlement de compte interne. 
 
 (Maria Tsvetkova et Pavel Polityuk; Tangi Salaün pour le 
service français) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant