Un chef rebelle déclare un Etat autonome en Centrafrique

le , mis à jour à 21:49
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 (Ajoute mise en garde de la Minusca, poursuite du vote) 
    ABIDJAN, 15 décembre (Reuters) - Le chef rebelle 
centrafricain Nourredine Adam, qui a rejeté le processus 
électoral visant à mettre fin aux violences dans le pays, a 
déclaré un Etat autonome dans son fief du Nord-Est, moins de 
deux semaines avant la date prévue pour les élections, a annoncé 
mardi un de ses porte-parole. 
    "La République du Logone a été proclamée le 14 décembre à 
Kaga-Bandoro", a déclaré à Reuters Maouloud Moussa, porte-parole 
de Noureddine Adam, un commandant militaire d'une faction des 
ex-rebelles musulmans de la Séléka, qui dirige désormais un 
Front patriotique pour la renaissance de la Centrafrique (FPRC). 
"Nous voulons avant tout l'autonomie. Ensuite, nous verrons 
comment accéder à l'indépendance." 
    La ville de Kaga-Bandoro est située à 245 km au nord de 
Bangui. 
    Dans la ville de N'Délé, le drapeau de la république rebelle 
(trois bandes horizontales jaune, verte et noire, avec une 
étoile blanche) a été hissé mais les casques bleus de la mission 
de l'Onu (Minusca) sont intervenus pour l'enlever. 
    "La Minusca condamne la déclaration du FRPC sur l'autonomie 
du Nord-Est (...) et emploiera tous les moyens, y compris l 
recours à la force, contre toute tentative séparatiste, 
conformément à son mandat", a prévenu la mission dans un 
communiqué.  
    Le gouvernement centrafricain a condamné l'initiative de 
Nourredine Adam. 
    "Nous appelons la communauté internationale et les forces 
internationales présentes en République centrafricaine à faire 
tout ce qui est en leur pouvoir pour neutraliser la capacité de 
nuisance de ces terroristes", a déclaré Saïd Panguindji, 
porte-parole du gouvernement. 
    Il y a huit jours, le gouvernement de Bangui avait présenté 
Nourredine Adam comme "l'ennemi public numéro un" en raison de 
son rejet processus électoral.     
    A Bangui, le ministre de l'Administration territoriale, 
Walidou Modibo Bachir, a déclaré lors d'une conférence de presse 
que les résultats partiels du référendum indiquaient une 
victoire des partisans de la nouvelle Constitution. 
    "L'ANE (Autorité nationale des élections) a pour mandat de 
délivrer les résultats définitifs du référendum. Mais pour ce 
que l'on sait à ce stade, le vote pour le 'oui' l'a emporté", 
a-t-il dit.  
    Le vote, qui a commencé dimanche, a été prolongé lundi dans 
certains secteurs comme l'enclave musulmane de PK5 à Bangui, où 
les forces de l'Onu sont intervenues pour repousser des attaques 
contre des électeurs.  
    Les casques bleus, au nombre de 11.000 dans le pays, et les 
soldats français, au nombre de 900, ont protégé des bureaux de 
vote mardi à Kaga-Bandoro et N'Délé, ainsi qu'à Bossangoa, fief 
des partisans de l'ancien président François Bozizé, trois 
localités où les opérations de vote ont été prolongées. 
    L'adoption attendue de cette Constitution doit ouvrir la 
voie à des élections présidentielle et législatives prévues le 
27 décembre dans le but de parachever le retour à la démocratie 
dans un pays toujours dirigé par un gouvernement et une 
présidente de transition. 
 
 
 (Crispin Dembassa-Kette; Danielle Rouquié et Guy Kerivel pour 
le service français) 
 
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