Un chef-d'œuvre de Mallet-Stevens à nouveau aux enchères

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La Villa Poiret avait déjà été vendue en janvier dernier à une société immobilière... avant qu’une ultime surenchère ne vienne annuler la vente. Nouveau rebond à un feuilleton en plusieurs saisons.

La Villa Poiret, somptueuse bâtisse moderne conçue en 1923 par l’architecte Robert Mallet-Stevens pour le couturier Paul Poiret mais abandonnée par ses propriétaires endettés, sera à nouveau vendue aux enchères judiciaires mercredi à Versailles. Le 6 janvier, lors d’une audience au tribunal de grande instance de Versailles, cette villa blanche plantée sur une colline de Mézy-sur-Seine, dans les Yvelines, l’une des oeuvres privées majeures de Mallet-Stevens, avait été vendue aux enchères à une société immobilière qui construit des centres commerciaux, G2AM.

A l’abandon, la propriété de 670 m2 avait été divisée en trois lots, tous adjugés à G2AM: deux terrains pour un total de 39.000 euros puis un ensemble comprenant la villa, son parc et sa piscine, pour 2 millions d’euros. Mais au cours du délai de surenchère de dix jours suivant la vente, un autre acquéreur s’était manifesté pour la racheter, la société civile immobilière La Dame Mauve, filiale du groupe Fiducial Real Estate, qui a une importante activité de gestion d’immeubles.

L’acquisition faite par G2AM avait donc été annulée et le lot comprenant la villa sera à nouveau mis à prix mercredi à 09H00, cette fois sur une base de 2,2 millions d’euros, plus 20.000 et 50.000 euros pour les terrains.

Faillite avant la fin des travaux

Ceinte d’une vaste terrasse en planches avec vue sur la vallée de la Seine et Paris, la demeure, inscrite à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques en 1984, ne fut jamais habitée par Paul Poiret, qui fit faillite avant la fin des travaux. Il fallut attendre son rachat par la comédienne Elvire Popesco, dans les années 1930, pour que la demeure soit achevée par un autre architecte qui l’adapta au style paquebot. La comédienne y vécut jusqu’en 1985.

Rachetée par un industriel, plusieurs fois mise aux enchères, la villa a ensuite été acquise en 2006 par ses actuels propriétaires, puis restaurée. Mais, endetté, ce couple de promoteurs et marchands d’art a consenti à leur banque, Neuflize OBC, une hypothèque sur la demeure. Proposée à 4 millions d’euros par une agence, elle n’avait pas trouvé preneur: la banque avait donc engagé une procédure de saisie immobilière.

Scandalisés par le principe d’une vente aux enchères, des descendants de Poiret et Mallet-Stevens avaient demandé à l’Etat d’intervenir. Ils avaient reçu une réponse du ministère de la Culture promettant de «tout faire pour préserver cette villa dans son intégrité», «du flan», selon eux.

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