Un chauffeur privé pour le prix d'un taxi

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Des applications mobiles permettent de faire appel à des chauffeurs privés pour un prix à peine supérieur à celui d'une course de taxi. Ces derniers dénoncent une concurrence déloyale.

Paris, un samedi, 5 h du matin... Pas de métro et plus un seul taxi affichant vert à l'horizon. Heureusement, un smartphone et une application vont vous permettre de trouver la solution. Qu'ils s'appellent Uber, SnapCar, Chauffeur-privé, ces services de géolocalisation de chauffeur privé fleurissent depuis 18 mois. C'est d'ailleurs ce constat d'un manque de taxi en soirée à Paris (20.000 autorisations) qui a donné l'idée à Yan Hascoët de lancer en mai 2011 avec deux amis, Chauffeur-privé, qui dispose aujourd'hui d'une flotte d'une centaine de voitures en région parisienne. Une opportunité saisie à la faveur d'un changement de réglementation en 2010, avec la loi sur la modernisation des services touristiques, créant le statut de «véhicule de tourisme avec chauffeur» (VTC).

Pour l'utilisateur, le service est simple: après téléchargement sur son smartphone et enregistrement, il commande son véhicule. Selon les sociétés, le prix peut être connu à l'avance (Chauffeur-privé) ou décompté au kilomètre (1,5 euro/km dans Paris intra-muros et 0,5 euro/mn chez SnapCar). Globalement, tous mettent l'accent sur la qualité du service et la qualification de leurs chauffeurs, comme chez SnapCar, un des derniers nés du secteur. Lancé en septembre 2012 avec un capital de 600.000 euros par Yves Weisselberger et Dave Ashton, la société revendique une quarantaine de chauffeurs, et une croissance de plus de 10 % des clients enregistrés chaque semaine. Les services sont nombreux: playlists, bouteilles d'eau, chargeurs, possibilité de réserver à l'avance, véhicules "haut de gamme" (Mercedes Class E, Class S...). La direction assure qu'au maximum le prix ne dépassera pas de plus de 20 % celui d'une course normale. Du côté de Chauffeur-privé, le nombre de clients enregistrés se chiffre à plusieurs dizaines de milliers.

Flou autour de la notion de tourisme

«Ces sociétés outrepassent leurs prérogatives, en surfant sur une réglementation qui ne définit pas précisément où commence et où s'arrête le tourisme, déplore Didier Hogrel, le secrétaire général de la Fédération nationale du taxi (FNDT). Sous couvert de VTC, ils font du transport de personne à la demande. C'est de la concurrence déloyale». Auparavant, seuls les taxis et les services de grandes remises (haut de gamme) se partageaient le marché. Une argumentation dont se défendent les intéressés, qui a l'instar d'Yves Weisselberger reconnaissent «une zone de frottement» avec les taxis, mais mettent l'accent sur la création d'un service, entre taxi traditionnel et limousine. En général, leur clientèle se répartit à parité entre particuliers et voyageurs d'affaires.

«La loi est très claire, on ne peut pas chasser les clients avec une signalétique, mais les services de voitures privées ont le droit de prendre des commandes», ajoute Yves Weisselberger. Pour le dirigeant, l'évolution des technologies (géolocalisation, téléphonie mobile...) permet désormais de répondre aux clients beaucoup plus rapidement. Et ces opérateurs, qui se payent à la commission (entre 10 et 15 % du prix des courses) ne comptent pas s'arrêter là. Si Chauffeur-privé, qui vise l'équilibre financier dès l'année prochaine, veut privilégier les grandes villes dans l'Hexagone, SnapCar misera d'abord sur les grandes capitales européennes. Pour cela, la direction prévoit une augmentation de capital d'ici mi-2013.

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  • jerepond le mardi 11 déc 2012 à 10:52

    @j.delan Je suis bien d'accord... Les taxis (ou plutôt ceux qui dirigent leur business) ont vraisemblablement tué la poule aux oeufs d'or. 120 000 euros pour une licence : vous trouvez ça normal ???

  • M6860185 le lundi 10 déc 2012 à 22:31

    il faut en autoriser un grand nombre, la course aux taxis est un enfer.

  • j.delan le lundi 10 déc 2012 à 21:54

    Tout monopole génère un contre-feu : le voilà et BRAVO aux entrepreneurs qui pallient aux carences de notre législation.

  • j.delan le lundi 10 déc 2012 à 21:52

    Le service des taxis est lamentable à Paris; Cette corporation a réussi a créer un quasi monopole et ceci explique le prix d'une licence pour un taxi indépendant : 200.000 € (deux cent mille euros)

  • ma.julie le lundi 10 déc 2012 à 20:40

    Dans le Fyon les escrots.

  • birmon le lundi 10 déc 2012 à 20:02

    Les taxis parisiens sont l'un de ces monopoles et groupes de pression qui sclérosent la société française.

  • lorant21 le lundi 10 déc 2012 à 18:40

    Les taxis à Paris font tout pour ne pas créer de nouvelles plaques. Voici le résultat. Bien fait pour eux!

  • laeti453 le lundi 10 déc 2012 à 17:12

    enfin!

  • M6762365 le lundi 10 déc 2012 à 16:37

    quand on voit le samedi soir à Paris les files d'attente de personnes qui attendent un taxi (et quand on a visité certaines autres capitales mondiales où il suffit de lever le bras pour avoir 2 taxis qui s’arrêtent...) on se dit qu'il y a quand même un problème en France....

  • dotcom1 le lundi 10 déc 2012 à 16:03

    Que la FNDT se rassure, les taxis parisiens ne seront jamais concurrencés pour ce qui est de l'odeur de transpi et les sièges en skaï qui collent aux fesses!