Un championnat unique mais aussi dramatique

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A dix journées de la fin de la saison, à peine dix points séparent Lyon, troisième, de Reims, dix-septième. Jamais un championnat n'a été aussi serré en France. Et cela ne présage rien de bon...

Dimanche soir, au coup de sifflet final, la joie des joueurs lyonnais et de leurs supporters faisait plaisir à voir. Enfin le PSG est tombé sur plus fort que lui en Ligue 1. Depuis le début de la saison, les coéquipiers d'Alexandre Lacazette ont connu tellement de désillusions, le plus souvent bien méritées, qu'il y avait dans ce cri de joie féroce une sorte d'expression libératrice de toutes les frustrations des mois passés. Mais derrière cette image se cache une réalité plus inquiétante sur laquelle il faudra se pencher. Aujourd'hui, le PSG a acquis une telle puissance, une telle domination évidente, que battre le club de la Capitale s'apparente à l'exploit d'une carrière pour beaucoup de joueurs. Peut-être même certains joueurs de l'OL ne vivront pas une émotion aussi intense que celle ressentie au coup de sifflet final dimanche soir. Alors qu'au fond, les hommes du président Aulas n'ont pris que trois points et restent à 31 unités du leader parisien, qui sera lui sacré dans deux ou trois semaines.

Bastia peut se retrouver à deux points du podium !

Cet inquiétant constat reflète le championnat de France 2015-16. Une saison qui ne ressemble à aucune autre dans son caractère homogène. Ce lundi, au moment d'étudier avec attention le classement, on notera que seuls dix points séparent Lyon, troisième, de Reims, premier non-relégable. Plus grossièrement, le Stade Rémois est à dix points d'une qualification pour les barrages de la Ligue des Champions. Prenez Bastia, qui a remercié son entraîneur il y a un mois, alors que la formation corse flirtait dangereusement avec la zone rouge. Pour avoir su enchaîner quatre victoires sur ses cinq dernières sorties, le Sporting a l'occasion de revenir à deux points du podium s'il domine Nantes en match en retard de la 27eme journée. Le tout avec une différence de buts négative... Si le football français en est arrivé là, c'est parce qu'aucun club n'a trouvé les moyens de suivre, même de loin, le rythme dicté par le PSG. Personne n'a su trouver la régularité et le niveau de performance pour s'imposer en dauphin évident et incontestable.

L’indice UEFA de la France est aussi en jeu

Les ardents défenseurs de la beauté du sport et de sa glorieuse incertitude se réjouiront de cette anomalie de l'histoire qui permet à chacun d'avoir sa chance. Même les plus petits budgets. D'autres prendront l'exemple de Leicester, leader de Premier League, pour répondre qu'il n'y a pas qu'en Ligue 1 que les lignes bougent. Sauf que cette saison, outre-Manche, les Foxes n'ont perdu que trois matchs et comptent 14 points de plus que l'OL avec un match en moins. Et la saison prochaine, à la même époque, voire plus tôt encore, les mêmes s'indigneront du peu de réussite des clubs français dans les Coupes d'Europe. Des équipes qui, un an plus tôt, n'auront même pas su se faire respecter à l'intérieur de leurs frontières. Cette saison de Ligue 1 est unique en son genre. Mais elle est aussi et surtout dramatique. Et tant que nos clubs se feront piller à chaque Mercato, il n’y a pas de raison que la tendance s’inverse.

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