Un centre-ville déserté après une rénovation

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Le chantier de rénovation d'une petite ville de Gironde est fini. Il devait doper le commerce. Or, les clients ne sont pas là et les commerçants mettent la clé sous la porte les uns après les autres.

Ce devait être les travaux qui changent tout. Ceux qui allaient faire de Lesparre-Médoc, petite ville située à dix kilomètres des plages de l'estuaire de la Gironde, une bourgade coquette et commerçante. Onze mois après les premiers coups de pioche donnés en septembre 2011 pour embellir le centre-ville... les petites rues sont désespérément vides et l'on compte déjà près de «15 commerces qui sont à vendre ou abandonnés sur 40 dans l'artère principale», se désole le président de l'association des commerçants, Mr Birot.

«La rue était encore accessible pendant les travaux, raconte Jocelyne propriétaire d'une boutique de vêtements pour enfants, mais quand une mère de famille aperçoit des bulldozers, elle n'a pas envie de s'aventurer sur un chantier avec sa poussette» Une période difficile pour les commerçants, qui ont vu les clients déserter les boutiques. «En 11 mois, les gens ont eu le temps de prendre leurs habitudes ailleurs, ça a cassé le rythme», précise un commerçant dans Sud-Ouest.

Une étude commandée par le maire de Lesparre à un cabinet d'urbanisme, jurait pourtant qu'il fallait réaménager le centre-ville pour éviter que «40 % des automobilistes ne passent par le centre sans s'arrêter» comme c'était apparemment le cas. Du coup, la départementale 1225, voie de passage pour tous les Bordelais, qui se rendaient sur les plages avoisinantes, contourne désormais la rue principale. Et c'est le désert dans la bourgade qui ne sait plus à quel saint se vouer.

«Une zone morte»

Les commerçants de la rue principale s'inquiètent de ce nouveau tracé: les voitures qui passaient étaient autant de clients potentiels. Le maire, Bernard Guiraud, se défend en rappelant avoir consulté l'association des commerçants, qui «avait donné son aval au projet». Il reconnaît bien volontiers que les travaux ont été préjudiciables à certains commerces. Mais s'abrite derrière l'étude qui préconisait au contraire «une zone de rencontre, qui favorise le piéton» pour donner envie aux voitures de s'arrêter.

«Les deux millions investis dans les travaux vont avoir des retombées positives, assure ,le maire. Il y a déjà un couple de Bordelais, qui a entendu parler du projet et veut installer une boutique de torréfaction».

Mais Mylène, qui tient sa boutique depuis quatorze ans n'y croit guère et soupire: «J'en viens à sortir dans la rue pour rattraper les gens qui pensent que tout est fermé.».

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  • SaasFee le mardi 24 juil 2012 à 19:46

    En temps qu'automobiliste, ça me fait gagner du temps d'emprunter une rocade plutot que de traverser une ville. C'est l'eternel debat : il s'est passe la meme chose avec le viaduc de Millot, Millot a perdu des voitures; la meme chose avec les autoroutes A6 / A7. Quel usager regrette ? Bien sur cela a un cout en local. Mais quelle situation est avantageuse pour la collectivite ?

  • brinon1 le mardi 24 juil 2012 à 13:18

    combien de "commission en liquide" serait plus exacte...

  • sidelcr le mardi 24 juil 2012 à 12:03

    Combien de commissions pour ce désastre ?

  • jvander4 le mardi 24 juil 2012 à 11:14

    faites un mailing à votre portefeuille client avec un coté festif

  • lhonderm le mardi 24 juil 2012 à 11:12

    40 % des automobilistes ne passent par le centre sans s'arrêter >>> Ça veut dire donc que 60% des automobilistes s’arrêtaient... Maintenant, 100% ne s’arrêtent plus. On laisse prendre des décisions par des tarés.