Un centre de jour ouvrira à Calais, Le Pen dénonce une "jungle"

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* L'afflux de migrants à Calais crée des tensions * Un centre de jour pour migrants devrait ouvrir en novembre * Marine Le Pen dénonce le "laxisme" de l'Etat et de l'UMP CALAIS, 24 octobre (Reuters) - Le centre de jour prévu pour accueillir les migrants de Calais, qui sont toujours plus nombreux et multiplient les incidents en dépit de renforts policiers, ouvrira probablement ses portes en novembre, a-t-on appris vendredi auprès de la préfecture. Le préfet du Pas-de-Calais, Denis Robin, a assuré que ce centre ouvert pendant six mois à titre expérimental ne serait pas un nouveau Sangatte, le centre de la Croix-Rouge fermé par Nicolas Sarkozy en 2002 sous la pression des Britanniques. "Il y a un point qui fait consensus, plus personne ne veut revivre Sangatte. Ce centre de jour sera important pour donner aux migrants les prestations de la vie courante, de l'eau, des douches, des sanitaires, une bonne organisation des repas mais ce ne sera pas un centre d'hébergement", a-t-il dit à la presse. Entre 2.200 et 2.300 migrants, surtout des Africains cherchant à rejoindre à tout prix la Grande-Bretagne, se trouvent actuellement à Calais et dans les environs, contre 1.500 à la fin de l'été, avait annoncé jeudi la préfecture. Ces derniers jours, des centaines d'entre eux ont tenté de prendre d'assaut les camions tandis que des bandes d'Erythréens et d'Ethiopiens s'affrontaient quotidiennement. Marine Le Pen, pour qui Calais est un symbole "du laxisme d'Etat", s'est rendue vendredi sur place pour y dénoncer "la situation très grave que connaît la ville suite à l'afflux de centaines de migrants clandestins supplémentaires". Elle a été accueillie d'un côté par les huées de membres d'associations soutenant les migrants et de l'autre par 150 sympathisants du FN dénonçant une "situation explosive". Plusieurs bousculades ont eu lieu lors du passage de la présidente du FN mais un cordon de policiers a évité les contacts entre les deux groupes. Marine Le Pen a fustigé lors d'une conférence de presse un "gouvernement qui nie le problème" et une opposition UMP "qui n'en dit pas davantage". "Il n'y a plus d'état de droit à Calais, il n'y a plus que la jungle, la violence et la loi du plus fort", a-t-elle lancé. "On ne prend pas la mesure du désespoir de cette population, on ne veut pas régler le problème de l'immigration clandestine". ACCUEILLIR LES PLUS VULNÉRABLES "Il est possible de le faire, encore faut-il en avoir le courage, encore faut-il remettre en cause la première chose, à savoir (les accords de libre-circulation de) Schengen, retrouver la maîtrise de nos frontières", a-t-elle ajouté. La dirigeante du FN a visé le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve : "Que fait le ministre de l'Intérieur ? Où est-il ? Est-il venu voir de quoi il retourne ici ?". Bernard Cazeneuve avait donné début septembre son accord pour l'ouverture d'un centre d'accueil de jour réclamé par la maire UMP de Calais, parallèlement à la création d'un fonds commun avec la Grande-Bretagne pour coordonner les efforts de sécurisation du port. La préfecture a contacté plusieurs associations pour la gestion de ce centre, qui devrait être installé dans les locaux du centre aéré Jules Ferry, sur la zone portuaire. Le premier principe mis en avant par Denis Robin est que ce centre d'accueil ne devienne pas un lieu d'hébergement. Une convention destinée à en définir les règles de fonctionnement est en cours de rédaction et une association du département est pressentie pour en coordonner la gestion. Bernard Cazeneuve a souligné jeudi dans La Voix du Nord l'importance qu'il voulait accorder "à l'hébergement des personnes vulnérables, femmes et enfants, qui sera renforcé". La maire UMP de Calais, Natacha Bouchard s'est dite satisfaite de la double réponse de l'Etat. "J'avais demandé au ministre une réponse globale. D'un côté il faut une réponse ferme avec l'évacuation des squats en zone urbaine et il faut une réponse humanitaire pour dans la journée accueillir les migrants, les femmes, les enfants", a-t-elle dit aux journalistes. (Pierre Savary et Gérard Bon, avec Johnny Cotton à Calais, édité par Yves Clarisse)

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