Un célèbre activiste pro-démocratie égyptien libéré sous caution

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LE CAIRE, 15 septembre (Reuters) - Alaa Abdel Fattah, un des plus anciens activistes pro-démocratie égyptiens, condamné à 15 ans de prison en juin pour avoir violé une loi limitant le droit de manifestation, a été libéré sous caution lundi en attendant un nouveau procès. Le blogueur âgé de 32 ans avait été dans les années 2000 l'un des premiers à s'attaquer au régime autoritaire d'Hosni Moubarak, renversé par la rue en janvier-février 2011. Figure de la contestation laïque, il a poursuivi son combat après l'élection en 2012 du président Mohamed Morsi, issu des Frères musulmans, puis contre l'armée qui a chassé ce dernier du pouvoir il y a un an et qui réprime depuis les islamistes aussi bien que les symboles de la "révolution" de 2011. Condamné par contumace à 15 ans de prison pour avoir participé à une manifestation non autorisée contre la loi restreignant le droit de rassemblement, adoptée à la fin de l'année dernière, il devait être rejugé par le même tribunal suite à son arrestation, comme le prévoit la loi égyptienne. Mais le juge Mohamed Ali al-Fiki a annoncé lundi qu'il se dessaisissait de l'affaire et transférait le dossier à un autre tribunal. Il a expliqué que son autorité n'avait pas été respectée et a demandé au procureur d'enquêter pour savoir pourquoi une vidéo de la famille d'Alaa Abdel Fattah, diffusée pendant l'audience précédente alors qu'elle n'avait aucun rapport avec les chefs d'accusation, avait été retenue comme élément de preuve. En attendant le nouveau procès, il a accordé la liberté sous caution au blogueur et à deux autres activistes emprisonnés pour la même affaire, déclenchant des scènes de liesse dans la salle d'audience. Des dizaines d'activistes, de détenus politiques, de proches des accusés et de journalistes avaient entamé ces derniers jours une grève de la faim pour demander l'abrogation de la loi sur les manifestations et la libération d'Alaa Abdel Fattah, qui avait lui-même cessé de s'alimenter le mois dernier. Fin août, l'activiste avait été autorisé à sortir de prison pour assister aux obsèques de son père, le célèbre avocat des droits de l'homme égyptien Ahmed Seif al Islam Hamad. (Lin Noueihed; Tangi Salaün pour le service français)

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