Un Brexit pas nécessairement en douceur, prévient Berlin

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 (Actualisé de Berlin avec Steinmeier et Johnson) 
    BERLIN, 4 novembre (Reuters) - Le ministre allemand des 
Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, a prévenu vendredi 
son homologue britannique, Boris Johnson, que la sortie de la 
Grande-Bretagne de l'Union européenne ne se ferait pas 
nécessairement en douceur. 
    "Cher Boris, vous devez comprendre que notre priorité est de 
maintenir les 27 ensemble", a-t-il dit lors d'une conférence de 
presse commune avec le chef de la diplomatie britannique, dont 
c'était le premier déplacement à Berlin depuis sa nomination. 
    "Notre position est claire et nous l'avons déjà dit: on ne 
peut pas d'un côté discuter d'un allégement des conditions 
d'accès au marché unique et de l'autre permettre à la 
Grande-Bretagne de rejeter les éléments qu'elle juge peu 
attrayants", a ajouté Frank-Walter Steinmeier, qui n'a jamais 
caché le peu d'estime qu'il avait pour les promoteurs du Brexit. 
    Ses propos ont sans doute douché les quelques espoirs que 
pouvait entretenir Boris Johnson à son arrivée à Berlin, où il a 
fait valoir un possible accord "gagnant-gagnant" entre Londres 
et l'Union européenne. 
    Lors de la conférence de presse, le chef de la diplomatie 
britannique a redit que son gouvernement entendait invoquer 
avant fin mars l'article 50 du Traité de Lisbonne qui lancera 
officiellement les négociations du Brexit. 
    Et, comme l'avait fait dans la matinée à Londres la Première 
ministre britannique, Theresa May, Boris Johnson a jugé que le 
calendrier du Brexit ne serait pas affecté par la décision, 
jeudi, de la Haute Cour de justice de Londres selon laquelle le 
gouvernement devait au préalable obtenir l'accord du Parlement. 
     
    "ALLER DEVANT LA COUR SUPRÊME"     
    "Je ne crois pas que cela interférera dans le calendrier de 
ce processus", a-t-il dit. A quoi son homologue allemand, la 
mine sévère, a répondu : "Un retard supplémentaire n'est dans 
l'intérêt de personne". 
    Selon son porte-parole, Theresa May a informé vendredi matin 
la chancelière Angela Merkel et le président de la Commission 
européenne, Jean-Claude Juncker, que la décision de la Haute 
Cour de justice de Londres n'aurait pas d'influence sur le 
calendrier du Brexit.   
    Theresa May devait également s'entretenir dans la journée 
avec François Hollande et Donald Tusk, le président du Conseil 
européen. 
    Au cours de ces contacts téléphoniques, elle a admis que la 
décision des juges l'avait déçue mais s'est dite confiante dans 
l'issue de l'appel interjeté par son gouvernement devant la Cour 
suprême, la plus haute juridiction du pays. 
    "Notre priorité est d'aller devant la Cour suprême, de 
défendre notre dossier et de gagner, et nous avons confiance 
dans le fait que nous pourrons respecter le calendrier que nous 
avons déjà exposé", a dit son porte-parole à la presse. 
    Un avocat du gouvernement a précisé que la Cour suprême 
examinerait ce recours entre les 5 et 8 décembre. 
    Une fois notifié aux partenaires européens de Londres, 
l'article 50 prévoit une période maximale de deux ans pour 
négocier les modalités du divorce entre le Royaume-Uni et l'UE. 
 
 (Michelle Martin et Noah Barkin, avec Elizabeth Piper à 
Londres, Henri-Pierre André et Gilles Trequesser pour le service 
français) 
 
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  • a.gim il y a un mois

    Ce sera oui et dans l'os UE

  • wanda6 il y a un mois

    https://www.youtube.com/watch?v=E5FesD-Xtzg

  • aerosp il y a un mois

    Et oui, il faut faire peur à ceux qui seraient tentés à se barrer

  • frk987 il y a un mois

    On parie sur la décision de la cour suprême ? que ce sera NON au Brexit.