Un bout d'Arménie à Marseille

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L'Arménie affronte les Bleus ce jeudi soir en match amical, l'occasion pour beaucoup de ses supporters français de se rendre au stade pour encourager leur équipe. Ils sont nombreux à s'être installés en France et notamment dans le Sud. Plus qu'une communauté, à Marseille, un club est entièrement composé de joueurs et de dirigeants arméniens.

Le mistral souffle, et les cyprès se courbent. Juste derrière, on aperçoit le stade Sevan, qui dort, paisiblement, attendant le retour des Jaune et Noir pour sortir de son silence. Ici, c'est l'antre de l'EUGA Ardziv. Un village d'irréductibles Arméniens, qui résiste encore et toujours à l'envahisseur. Implanté dans le douzième arrondissement de Marseille, le bébé a bien grandi. Oui, le bébé, parce que l'EUGA Ardziv est née d'une fusion il y a fort longtemps : "L'Entente Union Générale Arménienne a été fondée par les premiers immigrés arméniens, dans les années 20, précise Roger Dermesropian, le président. Puis en 1964, elle a fusionné avec l'AS Ardziv. On essaie de perpétuer ce qu'ils ont fondé, ça fait déjà 91 ans que ça dure." Et sur la scène régionale, ça se passe plutôt pas mal. Même si le club doit composer "avec une majorité de joueurs d'origine arménienne. Sachant qu'il y a des mariages mixtes", précise le président. Une équipe en DH qui joue les premiers rôles et deux Coupes de Provence depuis 2012. 91 ans et toutes ses dents. Ou presque. Car parfois, la passion l'emporte sur la raison. La communauté arménienne de Marseille y est très attachée, peut-être un peu trop. Mais l'EUGA, c'est surtout un club amateur comme on les aime. Du cœur et des couilles.

"Un petit OM"


À Marseille, il y a l'OM. C'est indiscutable. Mais juste derrière, à une autre échelle, c'est l'EUGA : "On est un peu le petit OM, c'est fou de dire ça, mais après eux, on est le club de la ville qui amène le plus de supporters au stade." Garo Frienzlian connaît bien la maison puisqu'il a commencé à jouer sous les couleurs de l'EUGA dès l'âge de seize ans. "Le lundi matin, quand les gens ouvrent le journal, après l'OM, c'est nos résultats qu'ils regardent", précise-t-il. Un engouement ? Plus que ça, une passion. Car si les Aiglons attisent la ferveur et le respect, c'est grâce à leur réputation de battants : "On s'est forgé une mentalité de guerriers. Depuis les années 60-70, on est réputés pour ne rien lâcher. Avant chaque match, le discours est le même. On représente une communauté, on représente des bénévoles qui travaillent dans l'ombre et surtout l'honneur d'un maillot chargé d'histoire. On est des frères d'armes, porter le maillot d'un club, c'est quelque chose, porter celui de l'EUGA, c'en est une…


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